Le brevet ?

C’est quoi ?

Le brevet est une petite bande de papier qui témoigne :

  • des activités menées en maternelle
  • des niveaux de compétences acquis par les enfants
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À chaque activité pratiquée ou niveau réussi, nous imprimons le tampon du jour ou du mois sur le brevet. Nous traçons un trait lorsque l’enfant a eu besoin d’aide, une croix lorsqu’il a travaillé de façon autonome.
L’enfant peut s’inscrire plusieurs fois à un atelier : le trait du brevet se transforme parfois en croix lors d’une seconde participation à l’atelier. 

Mais c’est bien plus qu’une forme d’évaluation…

Pour l’élève

Le brevet constitue une trace des apprentissages, une trace de toutes ces activités « invisibles » et indispensables de la maternelle dont on a parfois du mal à rendre compte.

Il s’adresse en priorité à l’enfant, plus encore qu’aux familles où à l’institution. Le brevet lui donne à voir, à penser ce qu’il sait faire. Il peut se situer dans les apprentissages et appréhender ses progrès, quelles que soient ses compétences : voilà ce que j’ai appris, voilà ce qu’il me reste à apprendre…
Le brevet lui permet d’exercer sa capacité métacognitive, facteur de réussite scolaire

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Parfois, le brevet représente pour les enfants des défis à relever.
Il n’est pas rare de voir certains fournir une concentration extrême pour parvenir à réaliser les activités. Sans cette représentation de leurs réussites au sein du brevet, je ne suis pas sûre qu’ils se seraient autant engagés. Ils sont fiers de pouvoir « afficher » ce qu’ils ont réussi à faire, fiers d’être élève.
D’autres leviers de la réussite scolaire sont en marche ici : l’engagement et l’estime de soi.
 

Pour l’enseignant

Ce support permet au professeur des écoles de structurer ses enseignements autour d’une graduation de compétences dans laquelle les élèves pourront évoluer en fonction de leur niveau.
(Enfin, c’est le but, mais ce n’est pas toujours facile à atteindre !)
ll s’en dégage des parcours d’apprentissages individualisés  sans que l’enseignant n’ait eu besoin de se cloner en 25 : Kévin compte jusqu’à 4 et écrit tous les mots de l’atelier d’écriture pendant que Steeve compte jusqu’à 9 mais n’écrit que les lettres de PAPA.
Le brevet nous amène à penser l’atelier autrement : proposer d’emblée une graduation d’activités ou chacun peut progresser plutôt qu’une activité identique pour tout le monde où c’est la conformité de l’enfant à la demande qui est souvent en jeu  plus que ses apprentissages. (Voir les ateliers échelonnés)

Tous les enfants doivent pouvoir y voir figurer leurs « meilleures » réussites, quelles qu’elles soient.

Cela nous oblige à observer les élèves et adapter l’activité proposée ou sa progressivité.  Il faut parfois modifier le brevet en cours de route.

Une illustration avec ces deux brevets :
> Dans le premier, j’ai inséré une contrainte de taille pour le complexifier.Capture d’écran 2013-10-16 à 15.11.22

>Dans le second,  j’ai ajouté une compétence au niveau 2 qui ne figurait pas dans ma première mouture mais qui a son importance chez les petits : participer.
Participer, c’est déjà un petit pas dans le métier d’élève.
Petit pas encore plus précieux dans un jeu de langage ! Même si l’enfant n’est pas encore capable de verbaliser des extraits de l’album, il s’enrichit du langage des autres en participant. Et peut-être, en feuilletant son cahier de brevets avec Papa pourra-t’il alors « produire des phrases de plus en plus complexes en interaction avec l’adulte. »

Voir aussi : « Brevets de réussites et langage scolaire »

Comment ?

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Les brevets sont parfois construits à partir de photographies prises en classe, parfois à partir de représentations de l’activité ou de la consigne.
Les enfants peuvent les avoir en main pendant l’activité ou après.

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La validation s’effectue de façons différentes en fonction des activités proposées, de notre disponibilité et de nos effectifs :
– pendant, après l’activité,
– par l’enfant, un copain, un adulte,
– en présence de l’élève ou pas (parce qu’on n’a pas toujours le temps)

La question des effectifs  mais aussi de l’espace disponible n’est pas anodine : passé 25 élèves par classe, il m’est bien difficile de mettre en oeuvre tout ce qui est présenté ici. Vaste sujet !

L’ensemble des brevets est collé dans le cahier de l’élève, au format paysage.   (voir plus bas)

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Quelle filiation ?

Les brevets s’inspirent bien sûr de la pédagogie Freinet, qui s’inspire elle-même… des éclaireurs.
D’après Freinet dans « Brevets et chef d’oeuvres » : Les brevets que nous préconisons pour notre premier degré sont imités des brevets scouts qui sanctionnent l’activité des jeunes Eclaireurs. Baden-Powel, dont on ne saurait nier le génie pédagogique, avait bien senti le besoin des enfants de se surpasser sans cesse, et il avait marqué, par les brevets, les étapes de cette excellence. Au lieu de mettre l’accent – comme le Certificat d’études – sur les insuffisances et les échecs, il plaçait ses Eclaireurs sur la ligne de départ et demandait à chacun d’eux d’exceller à quelque moment au moins et dans quelque direction. L’Eclaireur qui avait acquis la maîtrise dans une activité, en donnait la preuve au cours d’une séance solennelle et sa réussite lui valait un brevet, dont il portait l’insigne sur la manche. 

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Quelques formats vierges de brevets :

Fiche vierge de brevet sous publisher

Fiche vierge de brevet sous word 2007

brevet compatible word 97_2003.doc

Fiche vierge de brevet open office

Brevet Page pour Mac

Brevet Keynote pour Mac (Merci Claire 😉 )

Merci à Philippe Tassel, à Estelle qui m’a convaincue un jour de commencer à publier des brevets. Merci à tous ceux qui y ont trouvé un intérêt et nourrissent régulièrement ce répertoire.

La pochette à brevets : Il s’agit d’une 1/2 feuille A4 à fort grain (160g), au format paysage, sur laquelle on a photocopié l’étiquettes présence. Seul le bas de la pochette est agrafé, pour que les enfants y glissent facilement leurs brevets.

Un cahier de brevets ?

Dans notre classe, peu de cahiers :

– un cahier de correspondance,
– un cahier d’élève par enfant.
– un cahier de brevets qui accompagne l’enfant durant tout le cycle 1

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Des exemples de cahiers de brevets

En grande section :

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Au même moment, en petite section :

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À noter :
L’activité tangram sur tablette n’a pas été proposée aux élèves de petite section.
L’élève de GS, sur le cahier présenté, ne valide que trois tangrams alors que certains MS, passionnés, en ont réussis une bonne dizaine (Ils peuvent s’inscrire plusieurs fois à un atelier dans notre classe.)

Avantages du cahier de brevets

Parcours d’apprentissages individualisés

En fonction des sections, on ne trouve pas forcément les mêmes brevets.
En fonction des niveaux de compétences, les réussites sont différentes, même au sein d’une même section.
Cette suite de brevets permet de rendre compte et d’organiser les parcours individualisés.

Il se démarque de l’esprit du cahier de suivi des IO2015 qui propose de ne présenter QUE les réussites des élèves.

Ici, figure aussi ce que l’enfant ne sait pas encore faire, à un moment de son parcours.

Parce que apprendre s’inscrit dans un processus toujours en mouvement, parce que connaitre l’orientation de ce mouvement nous permet de mieux progresser (voilà ce que je sais faire aujourd’hui, voilà vers quoi je vais aller.)

Langage scolaire

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Les cahiers sont en libre service à l’accueil où les enfants les feuillettent, les commentent, échangent.
Comme les brevets ne sont pas classés par discipline, l’enfant les énonce bien souvent, pour les domaines de compétences les plus « lisibles » (écrire, compter…). Avec l’enseignant, ce cahier peut servir de support pour progresser dans la maitrise du langage scolaire.

À hauteur d’enfant

Parce qu’ils s’adressent d’abord aux enfants, notamment par le biais des photographies, l’élève peut retrouver, comprendre sur son cahier de brevets ses réussites, sa progression au fil des mois. Son métier d’élève prend forme.

Sans se chagriner de ne pas tout réussir !
Dans notre classe unique maternelle, toutes les sections sont mélangées. Les enfants ont l’habitude, dès la petite section, de ne pas atteindre tous les niveaux proposés dans les ateliers échelonnés.
De ce fait, apprendre, c’est faire de son mieux, aller vers une plus grande maitrise en sachant qu’il existera toujours un pallier plus complexe que l’on n’est pas encore en mesure d’atteindre. (Certains me demandent parfois des niveaux « quatre ou dix étoiles » !)

À hauteur de classe (et de maitresse)

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Tout en gardant comme horizon les compétences de fin de cycle, le cahier de brevets se construit semaine après semaine au fil de nos progressions, au fil des projets, de nos enthousiasmes et des coups de fatigue aussi.
Chaque année, il s’adapte aux rythmes et compétences des élèves, à la spécificité du groupe classe, à mes envies et obsessions pédagogiques.

Facilité de mise en oeuvre

Pas de livret à construire, imprimer, renseigner en fin de période (et grosse fatigue), les brevets sont collés par l’Atsem au fil des semaines, dès qu’une activité se termine. Le cahier est transmis aux familles avant chaque vacances.
Le répertoire en ligne permet d’utiliser des brevets tous prêts, que l’on peut adapter facilement grace au numérique. Il ouvre aussi de nouvelles pistes, présente du matériel parfois inconnu. De quoi compléter, enrichir nos parcours au fil des mois.

Inconvénients

Euh…
Avec 30 élèves dans la classe, ça devient lourd-dingue à gérer (mais s’il n’y avait que ça….)
Ce n’est pas très écologique : on colle du papier sur du papier et on use pas mal d’encre. Mais dans ce type de pratique, on utilise tellement peu de fiches que ça doit s’équilibrer…

Merci à Antoine et Alexis, qui ont contribué à leur façon à ce billet 😉

On parle de nos brevets…

Ici : Les échanges sur l’ancien répertoire de brevets

Mars 2014 : Nos brevets sont dans le journal « La classe ». 
Youpi et bravo aux collègues qui alimentent le répertoire !

Juin 2014 : Conférence à L’ESPE de Melun, aux journée des maternelles. Merci à Annette Breilloux pour son accueil chaleureux et aux collègues présents pour ce moment d’échanges.

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Christine

auteure de Maternailes.net