Un bouclier vital pour l'enfant de maternelle
Par Christine le mercredi 18 janvier 2012, 13:42 - News - Lien permanent
À compter du 1er janvier 2012, les poules pondeuses de l'Union européenne devraient théoriquement disposer d'un peu plus de place dans les cages collectives des élevages en batterie.
Elles vont passer de 550 cm2, soit la surface d'une feuille A4, à 750 cm2.
L'europe veille à l'espace vital des poules, on est content pour elles...
Septembre 2011, une collègue accueille 32 élèves de grande section dans sa classe parisienne de 40 m2.
1,25 m2 par enfant...
Il n'y a pas d'autres alternatives : les enfants vont passer une année d'école vissés sur une chaise, à chuchoter.
Pas de coins jeux, pas de déplacements, pas d'échanges possibles.
À 5 ans.
Janvier 2012, deux collègues sont absents dans cette école d'une grande ville nouvelle.
Il n'y a pas de remplaçant.
Les enfants sont alors répartis dans les autres classes : 38 élèves pour tout le monde.
Une école entière privée d'enseignement.
Une batterie entière d'enfants de 3 à 5 ans va passer une journée dans des conditions de vie, de sécurité inimaginables. Une journée puis une autre ici ou ailleurs.
Heureusement qu'il y avait quelques malades ce jour là !
C'est d'ailleurs un argument récurrent : en maternelle, on peut gonfler les classes parce qu'il y a des malades...
Les enfants français sont alors vraiment excessivement malades, parce que nul part en Europe, on n'entasse ainsi les élèves.
La moyenne européenne pour le préprimaire est de 1 enseignant pour 12,9 élèves !
Aucun pays européen ne traite si mal ses enfants, j'oserais dire pour l'avoir vécu : aucun pays de l'UE ne les maltraite autant.

(Regards sur l'éducation 2011 OCDE)
Et si après les poulets, on s'occupait un peu de nos enfants...
Fixons 2 seuils vitaux pour les élèves de maternelle :
Un nombre de m2 par enfant en dessous duquel on ne peut descendre (on arrive bien à l'imposer pour les poulets, pourquoi pas chez les humains).Un nombre d'enseignant par élève qui permette les apprentissages et une sécurité tant physique qu'affective :
un enseignant pour 25 élèves.
(Mais on ne demande pas mieux que de s'aligner sur les taux d'encadrement d'un modèle de réussite en matière d'éducation : la Finlande avec son enseignant pour 11,2 élèves en préprimaire...)
Après avoir garanti ces minimums vitaux pour l'enfant, on pourra parler d'apprentissages, de réussite scolaire et de la nécessaire formation des enseignants à la maternelle.
Allez, chiche !
PS1-Cette image est libre de droit pour défendre ceux de nos enfants, partout où cela sera possible. N'hésitez pas à la diffuser !PS2-Voici une adresse raccourcie pour mettre un lien sur les réseaux sociaux http://bit.ly/wngNxC (merci Dominique...)
PS3-On en parle déjà là !





Commentaires
Moi même enseignante de maternelle, j'ai du revoir l'aménagement de ma classe en diminuant malheureusement les coins jeu.
Quand on voit que le bien être des poulets préoccupe plus les politiques que le bien être de nos enfants... ça fait peur.
J'adooooooore...
Et oui Christine:-( le pire est qu'on commence à s'habituer à des situations pareilles... et côté parents, la mobilisation me semble bien faible... tant que les petits sont gardés...
Bon courage aux collègues de maternelle, ici, c'est 30 dans les 2 classes de maternelle, 28 en cycle 3...
38 élèves dans une classe maternelle, 38 petits, moyens et grands mélangés ?
C'est sûr qu'avec un nombre pareil, on n'enseigne plus, on ne fait que "gérer", éviter les accidents, calmer les tensions.
C'est cela qu'on appelle la "professionnalisation" du métier d'enseignant ?
bonjour
en voilà de bonnes questions ! Il faut leur apprendre des tout petit a se taire et a ecouter pour ke plus tard ils obligent le sgrand s a se taire et ecouter... Breavo pour cette initiative !
Dans quel monde magnifique vivons-nous?!!
L'intérêt des enfants est bien l'une des dernières priorités de nos chers dirigeants. C'est la compétitivité qui prime!!
Alors soyons compétitifs en entassant les élèves, en oubliant qu'ils sont des enfants tous si différents et en les mettant en compétition dès le plus jeune âge...
Ça me désole de voir ces conditions de travail empirer...
Pour l'investissement des parents, c'est exactement ça: tant qu'on prend leurs enfants!
Merci Christine pour cette page ouverte...
Juste un petit mot aussi pour te remercier de ce billet, moi aussi j'adooooore.
J'ai démarré en 1973 comme remplaçante.
J'ai eu des classes de tous les niveaux très chargées.
En 75,je faisais un mi-temps le matin en TPS/PS avec 50 inscrits. L'Atsem n'intervenait dans ma classe que pour les habillages, mise des chaussons de gym et les passages aux toilettes.
Je faisais la surveillance de cantine et à 13h, je partais en courant(je n'avais pas de voiture) à 2km de là, dans une autre école où j'étais la demi-décharge d'une directrice. J'avais alors 45 GS qui m'attendaient pour l'après-midi, sans Atsem dans la classe non plus.
A l'époque, pas de livres sur les activités en maternelle, pas d'internet pour nous aider et pas de photocopieur pour aller plus vite.
Lorsque les effectifs sont passés à 35 élèves par classe, ça a été un vrai bonheur.
Mais à partir de là, on nous a demandé de produire des livrets d'évaluations, des programmations, progressions, projets d'école, projets de classe. Les réunions se sont multipliées et finalement le soulagement a été de courte durée.
Les instits sont des esclaves corvéables à merci et tout cela pour un salaire misérable (à l'époque encore plus que maintenant car nous n'avions pas le statut de professeur des écoles).
Et pas question de se plaindre puisqu'on avait 2 mois de vacances en été!Combien de fois me l'a t-on fait remarquer!
Bravo Christine. C'est vraiment une très belle initiative, tellement juste. C'est dommage que ce ne soit pas sous forme de pétition, juste pour montrer notre soutien à ces demandes fondamentales et prioritaires.
Cette image du bouclier est très parlante : ça m'a rappelé ça (Pyramide de Maslow : http://www.teteamodeler.com/scolari...)
Commençons donc par le commencement et exigeons ce minimum.
Merci, je fais suivre sur mon blog.
Situation identique en Province bien sûr, j'enseigne depuis cette année en MS-GS en Isère, j'avais en début d'année 30 élèves. Un jour de novembre, deux maîtresses sur six étaient absentes et non remplacées... Nous avons ce jour-là accueilli dans chacune des classes "ouvertes", 36 élèves, heureusement (ou pas) certains ont pu rester chez eux. J'ai dû annuler ma sortie de l'après-midi, estimant que les enfants n'étaient pas en sécurité. Dommage... mais pas bien grave au fond, pourquoi sortir ces enfants d'abord, notre rôle est bien d'en faire de bons petits soldats dociles et silencieux, et ce n'est pas en allant voir le monde qu'on y arrivera ! Ils ont sûrement appris davantage cloîtrés dans une classe sans coins-jeux ce jour-là...
Situation identique chez nous en Belgique.
Je ne sais pas où ils ont trouvé la norme de 15,8 élève par prof.......
J'ai 24 enfants en classe (PS/MS) et pas d'aide... Et Heureusement notre école à décidé de limiter le nombre d'élèves à 24 max par classe excepté pour la classe d'accueil
et oui , et ben moi j'en ai 28 à triple niveau .Donc refus d'inscrire des tout petits, et bien mon supérieur hiérarchique a accepté pour nous(le maire et moi) et a donné son aval à la famille insistante qui demandait!!!qui dit mieux??
Ecole en zep... Ecole en zone éclair... Ancien RAR... Un texte introuvable qui dit 25 élèves pour une classe en zep. 9 classes en maternelle : 225 élèves et bien je me suis trompé dans mon compte 9X25=226 avec près de 4 élèves handicapés dont 1 n'a toujours pas son AVS. Voilà un Wilfried, pauvre dirlo, pauvre instit ou pe comme on veut, bien dépassé, bien fatigué et on est que le mois de janvier.
Chez nous, 32 PS cette année, 35 l'an passé ! Dans ma classe, il faut que je choisisse entre table à transvaser ou tableau mobile car la superficie de la classe est telle que l'on ne peut déjà plus circuler entre les tables quand les enfants sont assis.
Ecole de 3 classes à plus de 30 par classe, une maitresse absente et nous montons à 45 par classe. J'avais appelé mon inspectrice un jour comme ça en me déchargeant de toute responsabilité en cas d'accident, elle avait d'abord crié des tas de choses mais avait fini par convenir que ce n'était pas bien (!) de mettre autant d'enfants dans une même classe.
Je relaie l'article dans nos réseaux de défense de l'école publique, merci !
Bonsoir,
Merci à vous pour ces témoignages !
Je reprends quelques unes de vos lignes :
"Le pire est qu'on commence à s'habituer à des situations pareilles... et côté parents, la mobilisation me semble bien faible... tant que les petits sont gardés..."
Je contresigne : on commence à s'y habituer, parce que ces situations deviennent de plus en plus fréquentes et qu'on nous répète : un bon enseignant, un "professionnel" doit savoir gérer...
Il ne s'agit plus d'enseigner. Aucune autre structure d'accueil de la petite enfance n'autorise ces taux d'encadrement. Aucun autre pays européen ne maltraite ainsi ses élèves.
Il nous faut dire stop.
Au niveau des parents d'élèves, mon constat est plus mitigé.
Dans notre petite école de village, certains parents défendent bec et ongle la qualité de l'école maternelle et ne veulent pas du tout d'une classe à 30 pour leur boutchou. Ils arrivent à se projeter dans ce que pourrait être une journée d'écolier dans ces conditions.
D'autres pensent que l'on défend d'abord nos conditions de travail : la rengaine "enseignant-fainéant" fait petit à petit son chemin dans les esprits.
D'autres enfin vivent la tête baissée : on a déjà un petit travail, un toit, une école pour le petit, même à 30, c'est mieux que rien...
Pourtant, les premiers à payer ces situations sont leurs enfants. Seuls les plus forts peuvent résister dans la jungle d'une classe à 30.
"C'est dommage que ce ne soit pas sous forme de pétition, juste pour montrer notre soutien à ces demandes fondamentales et prioritaires."
Je n'y ai pas pensé
Le blog donne l'occasion d'ouvrir un peu les portes des classes, de collecter des témoignages autour de ces questions qui sont, comme tu le dis, Loup glacé, au commencement : exigeons le minimum vital.
Je suis abasourdie par le commentaire de Monique par exemple...
Des situations qui se multiplient par l'augmentation des effectifs en maternelle et le manque de remplaçant...
STOP
Tellement vrai ! Je diffuse !
Merci Christine pour cette initiative.
28 MS-GS cette année, 30 l'an dernier, 58 élèves pour deux classes. Mardi j'ai dû aller chercher mon enfant malade à son école, ma collègue a dû gérer les 58 enfants, il n'y avait plus aucun remplaçant.... Et en cas d'accident??? Je ne parle mm plus d'enseigner là pffff
JE (et mes enfants) vis sur une autre planete dans ma petite banlieue mendoise....
mais pour dire que en effet , quand les moyens sont là , l'ecole permet ce qu'elle prone : "l'egalité des chances".
Ici l'ecole c'est le paradis et ayant des amies instit ( oh pardon: pde .... ) je sais à quel point nous sommes privilégiés.
Dans notre école TOUS les enfants réussissent , aiment l'ecole , ont le gout d'apprendre , sont heureux . Les instits sont fabuleuses , ont le temps de boucler le programme les doigts dans le nez et encore en laissant beaucoup de place aux activités sportives et aux sorties .
Les débordements sont extremement rares et sont pris en charge trés rapidement , les enfants apprennent (selon moi ) ce que devrait etre la vie en collectivité : les bases du respect d'autrui et de l'entraide.
Certes elles sont 3 pour 40 élèves ..........LE REVE!
Je ne décris pas "mon école" pour faire "bisquer"
Merci pour cet article , je diffuse!
Merci Christine d'avoir pris tes ailes pour dénoncer les conditions de vie de nos poules... euh, élèves; lorsque je sillonne les écoles de ma circonscription, je peux observer jusqu'à 34 élèves en grande section avec deux immenses piles au milieu d'une classe toute petite, ça bouillonne. Ce qui me frappe souvent, ce sont le regard de certains enfants qui souffrent eux en silence dans ce brouhaha. Halte au poulailler, ici on doit accompagner l'élève, le préparer à devenir élève... cette expression aurait-elle le pouvoir d'effacer toutes les violences auxquelles nous soumettons nos enfants en leur offrant une école qui malgré l'inventivité et l'énergie de nombreux enseignants ressemble davantage à un élevage en batterie qu'à une maison de vie. Du grand n'importe quoi... alors construire ou initier les compétences du socle commun dans ces conditions, c'est de la folie! Pourtant ici ou là dans de petites écoles rurales, l'école est vraiment un nid douillet et les enfants s'y épanouissent dans le désir d'apprendre.
Je n'appartiens pas aux réseaux sociaux du net. Je fais quoi ? En parler autour de moi ? Soit ce sont des enseignants qui sont déjà plus ou moins au courant, soit des parents qui, la plupart du temps ne se sentent pas concernés (du moment qu'on garde leurs petits...). Que pouvons-nous faire concrètement pour avoir du poids, faire prendre conscience de ce réel problème à nos politiques ?
Merci pour cette article. Je profite encore pour l'instant de conditions idéales, un espace suffisant et 21 tout petits - petits mais une fermeture se profile à l'horizon et les conditions d'accueil ne seront plus optimales. J'ai déjà vécu des classes à 28 élèves et je sais très bien comment cela se passe : agressivité, repli sur soi et des apprentissages relégués pour laisser la place à de la surveillance et de la "discipline". Les conditions de vie des poulets sont bien plus importantes . . .
attention, notre municipalité calcule aussi le nombre d'enfants au mètre carré puis son coût au mètre carré , le coupe avec le montant des impôts payés par les familles (utilisation des documents fournis par les familles pour le prix de la cantine)pour calculer la dotation par école et faire des propositions de carte scolaire..
Non non, tous les parents ne sont pas indifférents à la question, et nous avons d'autres souhaits que celui de faire garder nos enfants. Et non non, cela ne relève pas que "de la défense de l'école publique", car dans le privé c'est pareil (32 PS dans la classe de mon fils, pour une salle d'environ 40 m2 également ... ) Gare à la guéguerre, ne nous renvoyons pas la patate chaude ! Unissons-nous pour nous faire entendre, car on est tous dans le même bateau. Merci de cet article.
L'humain fabrique la misère , la haine , pour en tirer profit par les sphères de pouvoir....Nos enfants ont besoin de vérité , de connaissances , d'amour ....Soyez sans concessions pour ces hommes de pouvoir qui négligent ces valeurs fondamentales et massacrent nos enfants ...rester toujours dans le combat , le vrai , quel qu'en soit le prix ...frappez de plus en plus fort , pour garder , améliorer , une éducation humaine .
Merci pour cet article mais la question crutiale...comment faire pour changer ce système qui maltraite nos enfants ? L'apprentissage ne doit pas se faire dans le stress mais les conditions d'enseignement que l'on nous imposent génèrent de l'anxiété, de l'inquiétude......tant de la part des enfants et des parents mais aussi des enseignants eux mêmes.
Soyons vigilants et demandons nous quel avenir pour ces "p'tits bouts" ?
Réaction à chaud... d'un prof de lycée et maman d'un petit garçon laissé pour compte puisque trop d'enfants dans les classes.. Oui c'est honteux d'entasser ainsi les gamins... quid de celles et ceux qui nécessitent plus d'attention dans un système où l'on prête davantage aux m² des poules que des enfants. Il y a de quoi se révolter. Je n'en veux assurément pas aux PE, ils/elles subissent une situation que nous récupérons aussi, bien des années plus tard dans les lycées. Le monde change, les mentalités évoluent, mais rien n'est fait dans le bon sens pour que les enfants aient de bonnes formations, quant au personnel d'éducation, n'en parlons pas, c'est la débacle, tout cela pour un salaire de misère, un lynchage public, pratiquement plus aucune reconnaissance. Qui voudrait devenir prof dans ces conditions de misère ?
Bravo pour votre article, espérons qu'il permette à certains de réagir...
En tant que parent, entièrement d'accord avec vous, et tout à fait faux de croire que les parents se désintéressent de ces questions, dommage qu'il n'y ait pas plus de ponts entre parents et instits sur ces sujets, comme dit un des commentaires cela ne sert à rien de se renvoyer la patate chaude, protestons ensemble !
Bonjour,
Tout à fait d'accord avec le contenu de l'article.
Et si on signait une pétition pour faire monter la mayonnaise ?
A 100 jours d'une grande élection, ça me paraît important que le sujet de l'Ecole soit abordé.
Tu peux nous mettre un lien pour la pétition ?
Le café pédagogique peut relayer l'info ?
Tout mon soutien.
Laurent
21 CM2 en ECLAIR
J'ai relayé sur mon blog, FB et Google+
Bisous Christine.
Pour info, j'ai cherché la surface minimum allouée aux prisonniers. Voici ce que j'ai trouvé dans un rapport de l'ONU (http://www.unodc.org/documents/just...) :
"le Comité européen pour la prévention de la torture (CPT) estime que, dans une cellule partagée, une superficie de 4 mètres carrés par personne constitue le minimum; et, dans une cellule individuelle, 6 mètres carrés."
édifiant, non?
C'est édifiant ! Je relaye aussi sur Google +...
Je voudrais juste savoir comment le taux d'encadrement est calculé puisque nous avons tous des effectifs autour des 30 élèves par classe en maternelle! Si on se contente de diviser le nombre d'élèves par le nombre de profs, le compte n'est pas bon! Prenons un exemple tout simple: deux profs à mi-temps sur une classe de 30, cela ne fait pas 15 élèves dans la classe, mais bien 30 pour l'un ET 30 pour l'autre! Alors évidemment si on fait le total des profs à temps partiel, les décharges de tout bord (direction, syndicalisme, maître-formateur...) , les profs en congé parental ou en formation, les RASED et j'en passe, on gonfle le nombre total d'enseignants par rapport à la réalité, et on arrive à ces moyennes que personne ne connaît! C'est insupportable, nous aimons notre métier, oui, mais seulement dans de bonnes conditions, et là, ce n'est plus possible, ni pour les élèves, ni pour nous!
La grande question est : Quand les parents vont réagir ????
Le but recherché est que les parents ayant les moyens financiers vont mettre leurs enfants dans des écoles privées. Puis dans les écoles publics il y aura le "reste".
J'ai échoué l'an dernier au concours de professeur des écoles pour 0.2 point (lié à l'option musique).
Je suis dans les 20 premiers de la liste complémentaire de mon academie. Mais personne n'a été appelé cette anneé !!!
Pourtant, il y a des classes sans enseignant !!!
Nous sommes formés (BAC+5) et compétents... Mais au chômage !!!
ACTIONS ??? REACTIONS ???
Merci de faire passer l'info.
Avis aux intéressés: lisez entre les lignes...
Merci pour ce billet qui exprime bien la maltraitance actuelle envers les enfants ET les adultes. Les conditions de travail se sont dégradées depuis que nous avons une DRH à l'Education Nationale... Il y a comme une erreur non ?
Je fais passer l'info.
Je fais suivre !
Cordialement, une zil du sud.
Voilà un coup de gueule qui est étayé de chiffres!
Merci
Je reviens de ma journée en maternelle(MS/GS), crevée,vidée, lessivée, rincée... quoi dire d'autre.
Et ceux que je plains le plus c'est bien les petits qui n'ont d'autres défenses que l'énervement. Et pourtant je n'ai "que" 24 élèves dans la classe (plus l'an prochain suite à une fermeture annoncée) mais deux enfants ont un retard cognitif et difficultés comportementales, un autre est hyperactif (vit en foyer)et un dernier est plutôt agressif faisant chaque jour d'énormes colères, se roulant par terre etc. Bref ce n'est pas un scoop mais l'ordinaire de bien des classes actuellement, ZEP ou pas. Les autres sont "normaux" c'est-à-dire des gosses de 4/5ans qui ont besoin d'être entendus, qu'on s'occupe d'eux et d'avoir un espace de vie à leur mesure. Quel retour en arrière que cet entassement, au moment justement où tant de mômes ont besoin d'un encadrement chaleureux et de qualité quand la vie familiale fait de plus en plus défaut!!! Je le crie haut et fort: il y a maltraitance à enfant. Et nous allons le payer, la société va le payer et commence déjà à le faire: suicides d'enfants, violences de plus en plus jeune, difficultés d'apprentissage. C'est un très mauvais calcul que ne pas privilégier l'éducation. Arrêtons les discours, arrêtons de nous payer de mots et de nous offrir des coquilles vides. Personne n'est dupe, et les chiffres sont là: les difficultés d'apprentissages et les problèmes comportementaux progressent.
De qui se moque-t-on? Des enseignants, c'est sûr. Des parents c'est sûr aussi (parents réveillez-vous!!!). Des enfants, oui hélas. Et une société qui ne protège plus ses enfants me fait froid dans le dos.
Il faut agir, VITE...
Je suis PE en ZEP et je viens d'accueillir ma 27ème élève ! Logique aussi !
Bonsoir,
J'ai 30 enfants ps et ms dans ma classe. Nous sommes 3 classes de 31 et 27 avec une demande pour 4 AVS. Pour l' instant il n'y en a pas et nous survivons .... Je suis prof. Depuis 17 ans et depuis quelques années la situation se dégrade: cela commence à se voir. Je confirme tout ce qui a été écrit: l'entassement, l'épuisement après une journée qui ressemble à de la sous garderie, les projets revus à la baisse et le découragement car cette situation n'est pas encore assez visible. Les parents ne se rendent pas compte. Tout ce qui compte c'est que leur gosse soit au chaud! Après tout on est quand même toujours en vacances, non? ( c'est ironique bien sûr, mais je l'ai tellement entendu cette phrase!!!!!) Une pétition est une bonne idée surtout avec la comparaison avec les poules!
Très édifiant...
Les enfants moins considérés que les poules: ça déprime.. Il faut réagir vite.
On doit trouver des actions concrètes à mettre en place très rapidement. Mais en attendant de trouver une idée de génie, je diffuse ton article..
Merci de relancer tout ça.
Et voilà, j'ai mis le lien sur fb, c'est modeste à mon échelle, mais j'ai très envie de diffuser ton article (je me permets de te tutoyer car je suis moi aussi PE...). On verra si ça fait bouger un peu les choses.
J'ai 32 MS et GS. Je n'en peux plus. Il faut pleurer pour avoir un remplaçant pour ne pas monter à 36 ou + et encore nous avons 7 classes donc la possibilité de partager les élèves du collègue absent. Mais tout devient compliqué. Parfois je me dis que si ça continue, il va falloir les "empiler" bien sur c'est une façon de mettre un peu d'humour dans une situation qui devient de plus en plus difficile et surtout pour les enfants qui en prime pour certains arrivent à l'école dès 7h30 et ne repartent pas avant 18h et même parfois 18h30... je propose un moment de repos en tout début d'après-midi en écoutant de la musique mais je m'aperçois qu'ils sont incapables de rester calme 5mn de suite mais je ne suis guère étonnée étant donnée la vie qu'ils mènent. Je n'achète que des oeufs de poules élevées en pein air pour leur bien être mais on traite les enfants encore plus mal que ces pauvres bêtes. Et on a beau le dire on à l'impression qu'on parle aux murs et que nos plaintes s'envole avec le vent. Et chez nous le mistral souffle fort. "Ils" devraient se rendre compte qu'on ne peut plus continuer ainsi.
J'ai enseigné il y a deux ans en GS-CP avec 27 élèves dans une classe de 40m² à la louche (en rang d'oignon, on se cognait souvent aux tables tellement elles étaient serrées) pendant que les cm2 étaient 14 dans une salle de 80m² à la grosse louche... je ne donnerai pas mon avis, les "chiffres" (nombres) parlent d'eux-mêmes.
J'ai démarré ma carrière il y a 3 ans avec 30 PS-MS dans une classe de moins de 40m2, avec un enfant ayant des troubles du comportement, mais sans EVS, bien sûr ! Et cerise sur le gâteau : il s'agissait d'une ouverture de classe avec du mobilier, certes, mais aucun jeu ou matériel pédagogique ! Même pas une plastifieuse...
J'ai cru que c'était un bizutage! Mais j'ai aussi cru que j'allais y laisser ma peau... J'ai vécu un 1er trimestre infernal. Des petits de 3-4 ans qui n'avaient pas d'espace, pas de jeux ou jouets et une maîtresse totalement à cran.
J'ai d'ailleurs recherché s'il n'y avait pas des textes imposant une surface minimum, mais non... il y a juste des "préconisations" (60 m2 je crois en maternelle).
J'ai eu 23 élèves l'an passé et 24 cette année, dans le même espace, mais tout de même, ça change tout!
est ce bien la peine d'ajouter un commentaire de plus pour redire ce que je viens de lire 40 et quelques fois. Cette année 30 MS GS dans une toute petite classe, la collègue 29 PS MS ..... avec tout ce que ça engendre comme problèmes déjà lus plus haut.
Je ne crois pas que les parents soient indifférents, je pense qu'ils sont aussi démunis que nous.... que faire? Avons nous vraiment un moyen de nous faire entendre nous les enseignants toujours en grève, en train de se plaindre et de râler alors qu'on a les vacances et la sécurité de l'emploi.....
Allez restons optimistes, ça peut difficilement être pire !!!
INVENTAIRE AVANT FERMETURE
Ils sont vingt.
Ils ont quatre ans.
Ils arrivent tous les matins dans ma classe, accompagnés par leurs parents, petits garçons et petites filles aux yeux encore ensommeillés pour certains, déjà pétillants pour d’autres, pleins de confiance pour tous.
Confiance en moi, leur maîtresse, vingt cinq ans de métier dont quinze en école maternelle, nouvellement affectée à la dernière rentrée dans cette école de Tours, 3 classes maternelles, 5 classes élémentaires, deux structures administrativement fusionnées, économie d’un poste de direction oblige.
Ils se prénomment Ahmed, Samy, Théophile, Louise, Sofiane, Léandre ou Zaïna. Ils ne le savent pas, leurs parents non plus sans doute, mais ils ont de la chance, beaucoup de chance pour cette année scolaire de leurs quatre ans, leur année de moyenne section.
Leur maîtresse est heureuse de les retrouver chaque jour, de venir travailler, les faire travailler avec autant de plaisir que de bonne humeur. Elle a de la chance elle aussi, sauf qu’elle.
Elle sait pourquoi.
Elle sait que cette satisfaction quotidienne ne doit rien au hasard. Pas plus qu’à une solidité individuelle particulière –à l’inverse de cette fameuse fragilité individuelle toujours invoquée lors de suicides d’enseignants sur leur lieu d’exercice, une expression commode pour évacuer l’onde de choc d’un acte tragique, éviter d’investiguer des conditions de travail calamiteuses. Non, pas de hasard ni de qualité singulière, pas même l’expérience, pour expliquer ma satisfaction à retrouver cette classe tous les matins.
Dans laquelle j’ai le sentiment profond, intense, de réaliser un travail de qualité. Le travail que j’ai choisi (j’oserais dire la mission, si je ne craignais d’être un peu emphatique) : le métier de passeur, transmettre des éléments de culture et d’apprentissages pour participer à la construction de petits d’hommes, avides de tout ce qui peut les aider à grandir, s’élever ; être une parmi tous ceux qu’ils rencontreront, parcours scolaire et hors scolaire confondus, sur laquelle ils peuvent, jour après jour, s’appuyer afin de bâtir les strates de l’être qu’ils seront plus tard. Sans les bousculer, sans les abîmer. Dans la sérénité, le respect de ce qu’ils sont, d’où qu’ils viennent, qui que soient leurs parents, dans la patience et aussi la jubilation.
Vous me rétorquerez que je n’ai toujours pas répondu à la question, pourquoi cette félicité, ce nirvana pédagogique en ces temps maussades où le paysage scolaire s’obscurcit au point de n’y plus distinguer nulle ligne d’horizon ?
La réponse est courte, tient en une phrase, et je sens bien qu’elle va décevoir.
Parce qu’ils ne sont que vingt.
Parce qu’à vingt élèves pour deux adultes (enseignante et Atsem, précieux personnel municipal d’aide matérielle et éducative), nous sommes dans une véritable situation de classe, où les apprentissages peuvent réellement profiter à tous. Pas trente ou plus, seulement et déjà vingt.
Enfin, vingt.
Une situation dont on a complètement perdu de vue qu’elle devrait être la règle et non l’exception, comme je me tue à le répéter à des collègues envieux, vaguement jaloux, « Ah tu n’en as que vingt ? Ca se trouve encore ? »
Rassurez-vous mes collègues, cela restera une exception, une parenthèse vite refermée dans ma carrière qui est loin d’être terminée, la retraite existera-t-elle même, d’ailleurs. La fermeture d’une classe dans l’école est déjà programmée pour la rentrée prochaine (la petite et la grande section fonctionnent également avec les mêmes effectifs de rêve). La carte scolaire décidant des postes pour l’année suivante, prévue en janvier, va bientôt faire tomber le couperet, c’est juste mathématique, et quasi automatique : on prend le nombre global d’élèves, on divise par le nombre de classes, on obtient un nombre souvent à virgule -un effectif à virgule contre des enfants en chair et en os, miracle des statistiques- en dessous d’un certain seuil, hop, on ferme, récupérant ainsi un poste d’enseignant, en maternelle d’ailleurs, le seuil est pratiquement inexistant, les enfants de deux ans par exemple (lorsqu’on peut encore les accueillir) ne sont, n’ont jamais été comptés dans les effectifs, qu’ils soient là tous les jours ou pas. 6 500 postes en moins en septembre 2012, 196 postes à rendre dans l’Académie d’Orléans-Tours, (ce qui veut dire qu’on les aurait pris ?) Révision Générale des Politiques Publiques se traduisant par le fameux credo martelé à l’envi « un fonctionnaire sur deux non remplacé »… et nous serons aussi en règle dans notre école avec une politique de sabordage systématique du service public. Entassons les élèves, ce ne sont après tout QUE des enfants.
Parents, vos enfants ne sont en réalité que des variables d’ajustement au sein d’un projet de société à courte vue, qui méprise l’humain pour ériger en valeur absolue le quantifiable, le comptable, le mesurable –des cibles, ai-je lu avec un frisson sur un document pédagogique interne récent, ni enfants, même plus élèves, des cibles, lorsque le jargon marketing contamine celui de la pédagogie… on est passé en quelques années du terme élève à celui d’ apprenant pour finir aujourd’hui par cible… Le glissement sémantique n’a rien de fortuit, il témoigne de cette vision de société. Sans plus de ligne d’horizon.
Car l’acte pédagogique est unique, ni quantifiable, ni mesurable.
Il ne peut se laisser enfermer dans une politique de « pilotage par les résultats », autre terme gestionnaire appliqué à une réalité tellement plus complexe. Nos responsables au Ministère ne savent conjuguer que le verbe « évaluer », nous l’avons toujours fait, mais dans cette politique de « pilotage », il s’agit quasiment de ne faire QUE ça, un pilotage-pilonnage surtout utile pour saborder un peu plus vite l’enseignement public.
Parce que c’est la somme de cette attention à l’unique, possible dans une classe à vingt, qui construit la confiance, l’énergie d’une classe. Confiance et énergie sans lesquels aucun apprentissage ne peut se faire dans la sérénité. Et tout apprentissage bâti à la hussarde, à la force du poignet, « à l’arrache » diraient les plus âgés des jeunes, parce qu’on n’a pas le temps, pour lui dont on voit bien qu’il n’a pas bien compris, pour elle qui n’est pas prête, pour lui aussi qui reste dans son coin, elle qui aurait juste besoin d’un peu plus d’attention mais pas le temps, ils sont trente, on pare au plus pressé, au plus urgent, oui tout apprentissage peut être construit sur du sable… et s’écrouler à la moindre difficulté, la moindre rupture.
Alors…
Je savoure chaque jour de classe passé en compagnie de mes vingt élèves.
Je prends le temps, puisque ce luxe, également hors de portée de nos jours, m’est octroyé par chance.
Refaire avec un enfant tout seul, tranquillement, l’exercice sur lequel il peine. Le réinventer autrement pour lui, dans l’instant.
Aider un autre à réaliser un puzzle en observant sereinement ses stratégies, comprendre ainsi comment il fonctionne, comment il apprend.
Terminer sans hâte un jeu de société (tant d’enfants sachant cliquer parfaitement sur une souris d’ordinateur ignorent comment on lance un dé)
Mener un petit groupe de quatre dans une recherche de matière, de couleurs en peinture, sans se presser.
Tout cela dans un volume sonore très raisonnable (On ne fait jamais taire complètement des enfants de maternelle, sauf peut-être lorsqu’on leur raconte une histoire, et encore), une circulation dans l’espace optimisée puisqu’à vingt élèves, on a de la place (autre corollaire du nombre réduit), donc on ne se bouscule pas, ne se heurte pas, donc on ne s’agace pas, on ne se fatigue pas les uns les autres, on passe tellement moins de temps en déplacements en tous genres (ah les escaliers 10 fois par jour avec une classe de quatre ans)… bref, une somme de petits plus d’où finit par émaner un énorme bien-être.
Un luxe en ce temps de misère scolaire.
Un rêve en une époque où les utopies sont à réinventer.
Ahmed, Samy, Louise et tous les autres auront 20 ans en 2027.
Leur maîtresse sera alors une vieille dame.
Qui aura rêvé les yeux grands ouverts avec eux en cette année 2011-2012. Revendiqué ce rêve comme étant la première réalité à accomplir si l’on voulait vraiment une grande et vraie école pour tous.
Et ne me parlez plus de la crise. Cet épouvantail que l’on nous agite en permanence pour démantibuler nos rêves, toute velléité même de rêve.
Parce qu’il faut rêver très haut, très fort, pour ne pas réaliser trop bas.
Et tomber.
Isa
Depuis 10 ans que j'enseigne dans la même école maternelle, les effectifs sont passés de 21/22 à 27/28. Lorsqu'ils sont tous là, je le sais rien au bruit qu'ils font dans la classe. Je ne connais pas le son de la voix de certains de mes élèves. Je les entendrai certainement parler le jour où il y aura beaucoup d'absents.
"Ce n'est pas satisfaisant mais il faut faire avec" m'a dit mon IEN lors d'une inspection. Et puis, on pourra toujours dire que les enseignants ne font pas bien leur boulot puisqu'ils n’arrivent pas à s'occuper correctement de tous les enfants de leur classe.
En attendant, le message est relayé sur mes deux blogs.
que dire après vous tous mesdames, messieurs les enseignants de nos enfants !
j'ai quatre enfants un grand en lycée professionnel, une enfant handicapé avec ses deux avs scolarisée en ce1 dans une école primaire de 24 classes avec en moyenne 28 élèves par classe voir 30 et en cp ils ont essayés à 20 mais impossible ils sont passés à 25 maintenant !, une demoiselle en grande section : 28 élèves plus de place pour le coin cuisine ni pour le coin poupée ni pour les garçons ... école maternelle de 11 classes et la directrice qui me disaient que si il prenait son bureau et celui de son assistante dans l'entrée et bien hop une douzième classe s'ouvrirait ! en petite section mon autre demoiselle 29 petits un espace plus grand des coins jeux la plupart mangent à la cantine pour avoir une place au dortoir et certains y passent la journée de 7h30à 18h30 !
le bouche à oreille ... les réseaux j'espère et permettront au mieux de nous mobiliser tous et de rameuter les troupes qui en ont bien besoin ! pas simple !!!!!
merci de ce rappel !
Enseignante au primaire, je suis actuellement au Québec dans le cadre d'un programme d'échange entre enseignants. Ici, l'école ne débute qu'à 5 ans mais il n'y a que 20 enfants maximum par classe. TOUTES les absences sont remplacées. Un vieux rêve en France ...
si j'ai bien compris,la moyenne en maternelle en France est de 19,7
on ne peut pas dire que c'est un nombre effarant
d'autant plus qu'il y a une deuxième personne avec l'instit(je ne connais plus bien leur emploi du temps)
je laisse tomber et vais m'occuper d'enfants
ps:la remarque -commentaire 45:"même pas de plastifieuse-"est décourageant
2ème ps:vous l'avez compris,j'ai été ensignant 38 ans,en zep,zup etc dans des quartiers célèbres-9,3
et j'ai fait avec(les moyennes ont commencé(en zep)à augmenter en 82(1 an après l'Election!alors?
Merci à vous Christine (et au Café pédagogique d'avoir relayé ce billet). Enfin quelqu'un (vous !) qui exprime un réel souci de l'enfant.
Merci d'oser parler de maltraitance car il s'agit vraiment de cela.
Je n'en dit pas plus car il faudrait des pages...
J'ai eu l'illusion que ma fille se régalerait en maternelle... lorsqu'elle en est sortie, il y a maintenant 3 ans, j'ai été soulagée !
Après, ce n'est guère mieux, mais soit l'enfant a déjà été bien formaté et sait se protéger (ou se défendre), soit (dans le meilleur des cas) il a déjà construit, ailleurs qu'à l'école, sa confiance en soi qui lui permet de faire face... Je n'évoque pas le pire des cas (phobie scolaire par exemple)...
Il est vrai que les enfants les plus fragilisés par l'école sont ceux dont la famille ne constitue pas un soutien suffisant, mais tous les parents ne sont pas passifs et insouciants du sort de leur(s) enfant(s); j'en connais beaucoup qui, pour faire évoluer les choses, ont dû se battre contre la méfiance et le silence des enseignants condamnés "au devoir de réserve". IL NE FAUT PAS ABANDONNER CE COMBAT !
Je pense qu'on peut associer ton constat et ton cri d'alarme aux prévisions des années à venir : pour ne parler que de la Seine-et-Marne, lanterne rouge en terme de taux d'encadrement à l'école de tous les départements français, le nombre d'élèves augmente année après année, comme le nombre de suppressions de postes d'enseignants.
Après avoir largement puisé dans les postes d'enseignants "sans classe", dans les RASED, dans les postes de remplaçants, où notre hiérarchie va-t-elle pouvoir faire les économies ?
Augmenter les seuils d'ouverture ?
Réduire la scolarisation des tout-petits ?
C'est déjà fait, non ? Et après ?
Réduire la scolarisation des moins-petits ?
C'est aussi déjà fait, c'est ce dont tu parles : on n'a pas encore touché au quantitatif, certes les enfants sont toujours accueillis chaque jour, mais l'aspect qualitatif est sacrifié...
...dans toutes les classes dont l'enseignant n'est pas remplacé.
...dans toutes les classes qui accueillent ces élèves surnuméraires.
...dans toutes les écoles à la limite du seuil d'ouverture qui est menacé de relèvement.
...dans toutes les écoles dont on sacrifie le RASED.
...dans toutes les circonscriptions dans lesquelles les absences ne sont plus remplacées.
Courage, résistons, comme dit mon directeur.
Vous avez raison de réagir et de vouloir faire réagir en cette période d'élections à venir...Il est urgent de réfléchir tous ensemble à quelle école nous voulons pour nos enfants et de nous mobiliser afin de faire bouger les pouvoirs publics, afin de peser sur les décisions futures! Peut-être devrions-nous lancer une pétition.
Et non, les parents ne se contentent pas de vouloir faire garder leurs enfants! Pour nous aussi les conditions de vie et d'apprentissage de nos enfants à l'école sont primordiales. Et si l'instituteur/trice les a un an et poursuit son travail l'année suivante avec d'autres enfants; nous, parents, allons accompagner nos enfants dans la construction de leur vie chaque jour, chaque semaine, chaque année...La manière dont ils vivent à l'école a des répercussions sur leurs apprentissages bien-sûr, mais aussi sur l'état dans lequel on les récupère le soir. Donc nous ne pouvons être indifférents à ce qui se passe à l'école!
Nous avons eu la chance de connaître des conditions de rêve quand notre aînée est entrée en maternelle : 2 classes de maternelle, 2 institutrices, 2 atsem, 1 vrai cuisinier qui préparait de vrais repas sur place, du personnel d'encadrement pour la garderie, 2 dortoirs, des espaces verts dont un bois (et oui, les enfants pouvaient aller ramasser des châtaignes ou autres trésors pendant la récréation!)...pour 30 enfants en tout, de la PS à la GS! Mais c'était trop beau pour durer, cette petite école a été regroupée avec une autre et maintenant, ils sont plus de 100 dans les mêmes locaux...Pourquoi ce qui a été possible à une époque ne l'est plus aujourd'hui? On va me dire qu'on a vécu au-dessus de nos moyens et qu'il faut faire des économies...Moi, je crois qu'il s'agit de priorités et que nous sommes nombreux à penser que l'humain est plus important que le chiffre!
Courage!
Ton message Isa est magnifique, je m'y retrouve tellement.De même que ton action Christine. Il faut avoir de l'imagination pour penser à comparer les conditions allouées aux poulets à celles laissées aux enfants de nos classes.
Pour ma part, j'enseigne dans une classe de 15 élèves (pour 5 niveaux de la TPS au CP) sur le plateau ardéchois, ça existe encore... 16 élèves pour la collègue du Ce1 au CM2. Des projets en pagaille passant du jardin potager à l'écriture de livres... Je me régale moi aussi chaque matin en allant à l'école. Je sais que j'aurai du temps à consacrer à chacun, à défaut de moyens matériels. Il semblerait qu'il faille choisir. Et je préfère largement avoir des ressources humaines. Une atsem extra et une EVS à mi-temps dont le contrat misérable arrive à terme.
Je tremble chaque année au moment des fermetures de classe. Et cette année plus encore.
Maman de 3 enfants (2,4,6 ans) je partage l'indignation (..."Indignez-vous!")des enseignants, même si mes enfants sont (pour l'instant) préservés des situations décrites. Sachez que la même tendance (entasser les enfants, augmenter le nb d'enfants au m2 et par adulte) est aussi à l'oeuvre dans les structures d'accueil de la petite enfance (crèches, halte garderie)et pour le contrer, un mouvement (info+pétition) a été mis en place (s'appelle: "Pas de bébé à la consigne", porté par l'ACEPP). Il est important que le message passe auprès des parents pour susciter une mobilisation....effectivement, les élections arrivent...Je connais bien plusieur(e)s instit et sait la valeur de votre métier.Je relaye l'info.
Moi j'ai de "la chance" j'ai 25 élèves dans ma classe (je suis en RRS) mais je pense à tous mes collègues qui en ont beaucoup plus !
Chapeau pour cet article en tout cas ! J'ai ajouté le lien depuis mon blog vers ici.
Très bonne soirée.
Milie
BRAVO!!! Moi même enseignante en moyenne section mon 29ème élève est arrivé cette semaine:(
Quand je suis rentrée dans l'enseignement, il y quelques années( c'était après 68), je me suis battue avec d'autres contre les grilles Guichard... Puis nous avons accueilli les enfants à deux ans, parce que nous croyions en l'Humain et au plaisir que doit prendre le tout petit à apprendre... Mettre les chances du coté du gosse, l'égalité des chances, l'enfant est une PERSONNE, l'enfant est inventif, porteur de valeurs aux couleurs du petit Prince...
Un jour, un inspecteur m'a dit: "à partir du moment où l'enfant est scolarisé, ce n'est plus un enfant(sic) c'est un élève!!....
Depuis ce jour, j'ai compris effectivement que nos enfants étaient devenus des animaux de batterie, qu'il fallait gaver ! !!!
Donc,pas étonnant qu'on les entassent, qu'on les empilent de 7h le matin à18,19h le soir...tout ça pourquoi?
Nos enfants sont maltraités, méprisés dans leur intégrité!
Eh! Les pouvoirs publics! Vous savez que nos gosses, c'est notre richesse, notre avenir??
Quand va-t-on se FACHER VRAIMENT???
Je me suis battue toute ma vie pour la cause des enfants...mais ma génération porte la responsabilité de ce qui se passe actuellement...
Nous nous sommes retrouvés une poignée à continuer de nous battre...ALORS MERCI POUR VOTRE INDIGNATION!!!
Même si je n'ai que 16 élèves (PS+MS+GS) dans ma classe cette année il m'est arrivé d'en avoir beaucoup beaucoup plus.
Alors je ne peux qu'applaudir cette initiative !!
Merci Christine
(et j'ai, modestement, rajouté ma pierre, là http://petitsproposdecousus.hautetf... )
Je viens moi aussi donner mon commentaire.
J'enseigne dans une école privée, j'ai une classe de PS MS de 28 élèves dont une petite handicapée qui "rampe". Depuis que je suis dans cette petite classe j'épure chaque année pour résoudre mon problème de place et pouvoir asseoir tous mes élèves en même temps à une table! Côté mobilier je fais dans le minimaliste!
Mais je ne vais pas me plaindre si j'écoutais ma directrice il y aurait plus de 30 élèves pour rentabiliser!!!!! gloups! La semaine dernière j'ai réussi à refuser le 29 PS sous prétexte qu'une arrivée de convenance au mois de janvier c'était quand même pas le mieux pour l'enfant et que je me ferais un plaisir de le recevoir à la rentrée prochaine!
Je ne parlerai pas de la sieste en salle de motricité où je fais dormir 40 élèves. Mais ne nous plaignons pas nous sommes toujours en vacances! Ce qu'on ne dit pas c'est que notre travail ne s’arrête jamais et que certains jours avec ces effectifs nous sommes "lessivés"!
J'ajoute le mien, bien qu'étant théotiquement hors course: père de trois grandes filles, ancien éducateur, ancien formateur, etc......Aller! disons "qu'au dessus de 15 enfants on fait du formatage". L'école même maternelle n'est-elle pas le lieu où l'on soigne le merveilleux départ de ces petites natures ? Où est l'école Montessori? Piaget et les autres?
Nous étions parmi les meilleurs du monde!
Alors pourquoi gâcher tout pour ce sacro-saint fric en prétextant des motifs mensongers avec une belle langue de bois?
Mettons l'argent où il faut et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes!
Que d'heures de travail, et de réflexions pour arriver à cette conclusion bravo !!!!: mais nos dirigeants n'ont jamais été dans une classe de Maternelle?, je suis qu'une simple grand-mère, et ancienne "représantant de Parent d'Elèves ", et je trouve que parquer nos bambins dans des conditions pareilles quelle erreur!!!, comment peuvent ils sépanouir, et avoir des réponses cohérentes à leurs questions par l'enseignant.... Je souhaite que les dirigeants de l' Education Nationale se remettent en question , il n'est peut-être pas encore trot tard, avant que nos "chères têtes blondes " ne trouvent que de la garderie en classe à la place de l'apprentisage et de la découverte, qui doivent aider à l'épanouissement de nos enfants,et conforter l'enseignant dans le respect du travail bien fait.
Bravo , mille encouragements.
Judicieux ! J'ai relayé.
Valable aussi en élémentaire, car quand un(e) enfant a besoin de calme pour se concentrer comment peut-il/elle le faire avec des agités à proximité ? Et sûrement que s'ils avaient pu le faire en maternelle, ils seraient peut-être plus calmes aujourd'hui.
Et comment épauler un élève quand il reste à peine la place de circuler ?
Je pense que tout est dit, un + : un élu local(pour lequel je n'ai pas voté)m'a affirmé que le nombre d'élèves par enseignant était de 11. Et qu'il fallait arrêter de se plaindre ou changer de métier... Il est vrai que le calcul fait avec les déchargés de classe est totalement injuste mais savez-vous comment est calculée la moyenne des élèves par enseignant dans les autres pays ? que je lui cloue le bec à notre prochaine rencontre. Cette année nous n'accueillerons pas de TPS à leur 3 ans, en conseil de maître il a été décidé que 30 élèves par classe en maternelle ne rendait pas possible un accueil de tps. L'IEN ne nous suit pas, et les parents s'en fichent complètement puisque je suis la seule en gs à avoir 29 élèves, j'ai donc dit aux parents qui insistaient que :leurs bouts de chou seraient intégrés dans une classe de grands, ce à quoi ils m'ont répondu que ce n'était pas grave et qu'ils pourraient peut-être sauter une classe!! c'était quand même moins cher qu'une garderie.
Alors là je les dirige vers l'école privée qui se trouve dans la commune et qui elle, a 19 élèves par classe (et on évoque absolument pas de fermeture de classes).
Quel découragement tout ce mépris.
bravo pour les poules! très bon humour!
directrice et insti...pardon professeur des écoles, j'ai une classe de tps/ps à 32
j'y sui depuis...heu, je ne sais plus! ds les 17 ans?! et j'aime tjrs ça!
c'est vrai tt ce que vs dites
mais aujourd'hui, bien-sûr que je pousse une colère pr les collègues pas remplacés ou les orthophonistes pas remboursés aux familles, je préfère oublier, oublier que le monde va mal, que les gens ne font plus leur boulot (même chez nos collègues parfois!), que c'est l'argent avant tout
j'oublie tt ça pr faire face correctement à mes bambins que j'adore, pr garder la foi devant eux car sinon je ne vais pas bien et eux non plus
mais au fond de moi j'aimerais mettre une bombe! qui a une solution? je ne crois plus aux grèves (trop content le ministre de garder nos sous!) alors que peut on faire? un truc comme greenpeace ds les centrales nucléaires, je ne suis pas assez douée pr inventer, qui le fera, je le suis...
Je suis entièrement d'accord avec tout ce qui est dit mais prenons le cas de ces parents insupportables qui sont ravis quand on leur 'prend' leurs enfants malgré la surcharge des classes. Par exemple la caissière du supermarché qu'on renvoie chez elle s'il n'y a personne et qu'on rappelle 2H plus tard s'il y a du monde, pour un SMIC et 5 semaines de congés par an elle, souvent aux dates imposées en plus. Peu de break et en plus elle paye des impôts pour que son gamin aille à l'école. C'est un exemple parmis d'autres mais stop de jeter la pierre aux parents qui font dans la majorité des cas ce qu'il peuvent pour faire survivre leur famille et qui préfèrent savoir leurs enfants trop nombreux à l'école que scotchés devant la télé à la maison, faute de moyen pour avoir des loisirs !
La situation est insoutenable pour tous dans cette société mais dans le privé, la pression est ailleurs et du jour au lendemain, vous pouvez tout perdre. Donc ne faudrait-il pas relativiser un peu ...
Bonsoir,
Je crois en effet Val que nous avons tout à perdre à nous juger les uns les autres, parents, enseignants...
Chacun fait comme tu le dis, bien souvent, ce qu'il peut.
Les enfants ne doivent
> ni rester à la maison quand un enseignant est absent
> ni s'entasser dans une classe déjà bondée
Ils doivent tout simplement avoir une place d'écolier, une place sécurisante, à leur mesure.
Un droit d'école.
Quelque soit les conditions de travail des uns et des autres, quelque soit le niveau de violence autour.
Oui, au quotidien, le parent qui doit travailler et laisser son enfant dans ces conditions a du mal à le faire.
Oui, l'enseignant qui doit travailler et vivre en direct la maltraitance des enfants dans une classe à 35, 40 a du mal à le faire.
il est vrai qu'à tout bien y réfléchir, les poules de mon jardin ont plus d'espace que mes 24 ms ( sans atsem puisque celle de l'école a décrété que les découpages et autres préparations matérielles étaient du boulot des instits et non celui d'une atsem!!!). L'an passé, en tps-ps, il y avait 33 élèves, en Ms-gs, ils étaient 24 mais comme nous sommes en milieu rural (avec les poules!), aucun rased, aucun maître E...ne daignent arriver jusqu'à nous! donc des enfants reconnus par la mdph sans aide supplémentaire (4dans ma classe sans atsem!)et ça aussi c'est injuste quand on voit les moyens humains et matériels de certaines écoles de villes! fin mot de l'histoire, une fermeture annoncée pour septembre!!! bon courage à tous et essayons dans tout cela de tout de même donner le goût d'apprendre à ces bout'chous
Je relaie...
On devrait aussi interdire les demis-postes. A la lecture du journal, je découvre avec stupeur que certaines écoles rurales bénéficient de deux postes et demi. Comment est-ce possible? Est-ce que les enfants n'ont cours que la moitié de la semaine? Ou bien les groupes sont-ils répartis de manière différente suivant les jours et le nombre d'enseignants présents?
Je suis entièrement d'accord avec votre message. Il est vrai qu'en maternelle, les enfants ont besoin de bouger pour jouer mais aussi simplement pour vivre. Cela dit, la situation n'est pas meilleure après la primaire : je suis enseignante dans un collège qui vient d'ouvrir pour remplacer les anciens bâtiments trop vétustes. Les salles de classes ne sont vraiment pas grandes, juste la place de mettre 30 tables et un bureau. Certes, ils n'ont pas besoin de bouger, mais sont tout de même bien entassés. Mais là où ça devient drôle c'est que toutes les classes sont à 30 élèves sauf quelques unes... qui sont à 31... On en assoit un par terre ? Non, on va chercher dans les salles à proximité pour savoir dans laquelle il manque un élève pour pouvoir emprunter une table que l'on rebaladera dans les couloirs à l'heure suivante... Table que l'on fera rentrer comme on peut dans la salle, à un endroit où l'élève ne verra que la moitié du tableau parce que c'est trop en biais.
Et pour l'année prochaine, vu les inscriptions, nous sommes déjà à 31 élèves et des poussières par classe ...
Le moins qu'on puisse dire c'est que ça fait parler ! Pour moi 32 TPS/Ps, il peut encore en arriver après les vacances d'hiver et de printemps. Inspectée le 26 septembre je me suis vue reprocher le peu d'accrochage de travaux d'enfants sur les murs....après 3 semaines de classe chaque enfant avait fait une peinture au doigt et son initiale décorée, le tout par ailleurs pas si mal réussi et mis en valeur sur du papier coloré (travail supplémentaire effectué par moi après la classe), elle veut aussi une fiche de prép pour tout acte réalisé en classe (puzzle, découpage, jeu de loto.....passage aux toilettes ? atchoum qui coule ?) bref je me suis complètement sentie démolie. Je me dis que je changerai bien de boulot.
Je n'ai jamais bien compris ce que faisaient les 2 ans à l'école maternelle, mais à 32, je ne vois pas du tout !
Agnès, pour reprendre ce que j'ai déjà dit là (http://maternailes.net/leblog/index... )enseigner est un fabuleux métier, mais là il ne s'agit pas d'enseigner.
Bon courage
@micalement
Christine
Les effectifs par classe ne cessent d'augmenter... Hélas !! Mais qu'en est-il de la sécurité des élèves et des enseignants ? A-ton le droit d'avoir autant d'enfants dans une même salle ? N'y a t-il pas un seuil à respecter en fonction de la superficie de la classe ? Il faudrait peut-être se pencher sur la question...
J'ai 30MS cette année, je travaille à mi-temps et ayant dépassé la cinquantaine je dis ouf le soir sauf que dans l'Isère et particulièrement dans ma circonscription le taux de PE à temps partiel est de 30%. Donc les IEN font passer des entretiens pour nous faire comprendre qu'on a peu de chance pour rester à temps partiel car du coup il n'y a plus de remplaçant. Les effectifs prévus pour l'an prochain sont de 32 et vraisemblablement en cours double. Donc en plus d'être dans une classe surchargée, mes élèves auront une enseignante fatiguée,désabusée, crevée, ....je ne sais pas encore mais en tout cas malheureuse dans son boulot.
Je croyais que mon IEN faisait du zèle en autorisant la mairie à aller jusqu'à 31 par classe... Je suis directrice d'une école à 6 classes (183 élèves) et demain, oh joie, 2 collègues seront absentes et il y a pénurie de brigades... Qui est tenté par 40 élèves en cours triple? Mais bon, on se dit que ce sera le WE! (mauvaise blague). Allez, courage à toutes!
Bonjour
J'avais déja fait cette remarque en 2000 à un conseil d'école, la référence que j'avais prise alors (Je suis Jurassienne et je connais bien cette région) ce sont les deux mètres carrés par poulet pour les élevages en Bresse.(Là où on élève les poulardes et les chapons des fêtes...hum .... ) Pour les dindes six m2 ...par individu.
Aujourd'hui je rencontre des difficultés pour faire comprendre à un intervenant en sport que la salle de 120 m2 conviendrait mieux pour l'expression corporelle que celle de 70m2. Il semble que cette salle nouvelle ne sera affectée qu'à des activités extra scolaires ... (ordre du jour du prochain conseil)
Mais je n'ai plus qu'une année d'enseignement et je n'ai plus envie de me stresser.
Cordi@micalement
Bénédicte
Un peu en retard, je diffuse aussi.
Je suis à 27 élèves, mes 2 collègues aussi, nous attendons la décision de fermeture d'une classe pour le 15 février...sauf miracle.
Précision: nous sommes la seule préélem de MavilleBleue qui ait cet effectif (toutes les autres sont à 30 et au delà), donc...
Par ailleurs les archis d'école sont vraiment des meks qui n'ont jamais été en contact avec les mômes, je ne vois que ça, ma classe est petite, et on y navigue déjà avec des bleus partout, quand l'effectif est à 30, c'est quasi l'immobilisme obligé...alors à plus... ha pardon:classe de MS.
Juste un détail: il me semblait que la norme ministérielle est de 35 par classe et que donc c'est le seuil à ne pas dépasser pour respecter les consignes de sécurité.
Ce serait à vérifier: auquel cas, dès lorsque nous avons le36ème élève qui arrive- en cas d'absence non remplacée par exemple, nous devrions nous mettre en.. zut comment ça s'appelle, ha oui: droit de retrait.Non?
En maternelle il n'y a pas de nombre maxi d'élèves s'il y a 2 issues dans la classe !! Aujourd'hui j'étais en grève car se réunissait la commission pour attribuer ou pas une ouverture. Cette année nous sommes 4 classes à 30, avec une prévision de pour l'année prochaine.
nous essayons de sauver une de nos classes! Parce que mme le recteur doit faire du chiffre et saper dans les coins reculés d'un département, d'un territoire qu'elle ne connait pas!!! merci à tous ceux qui voudraient nous soutenir en signant la pétition en ligne sur le site www.amicalelaiquefelleries.new.fr
Un grand, très grand bravo pour cet article... je crains malheureusement que nous ne soyions pas au bout de nos (mauvaises) surprises. Je me demande chaque jour ce que nos gouvernants cherchent à faire de notre si beau métier pourtant... mais dans ces conditions, c'est bien décourageant, surtout quand on y croit. Chacun, parents comme enseignants, font de leur mieux, dans des conditions de plus en plus difficiles pour tous. Pourtant, il me semble que les uns comme les autres, sommes là pour assurer l'avenir d'un pays... cet avenir passant par les enfants, ou me gourre-je ? Bref, un peu désabusée pour ma part... heureusement que mes élèves sont là finalement pour me redonner l'envie jour après jour, parce que sans quoi, à quoi bon ?
Oh, voilà une situation que je connais trop bien (en Belgique).
Je diffuse !
N'oublions pas aussi de comptabiliser les adultes qui occupent aussi des m² : l'enseignant(e) bien sûr et l'atsem mais aussi parfois les auxiliaires de vie ou les stagiaires à l'année.
Des conditions d'accueil que la plupart des adultes ne supporteraient pas pour eux-mêmes !
Bonjour,
Cet article a pas mal circulé de blog en blog (merci à vous :-))
Beaucoup de commentaires aussi.
C'est que malheureusement il correspond à une réalité de terrain... ET une envie presque contre nature : faire de l'école un lieu ou l'on puisse apprendre...
A lire ce fil du forum d'EDP, on n'a plus peur de dépasser 30 élèves dans nos classes maternelles :
http://forums-enseignants-du-primai...
je suis enseignante en maternelle depuis 15 ans. Je pense que vous ignorez véritablement ce qui se passe pour certains animaux. Certes nos conditions de travail peuvent parfois être difficile mais je commence à saturer de faire partie de ce peuple français vivant dans l’opulence et geignant sans arrêt... Nos élèves ont énormément de chance si on regarde les conditions de survie des enfants dans bien d’autres pays. voilà, regardez, soyez curieuses et constater ce que vivent certaines bêtes, ce que vivent certains enfants... Et par pitié ne me considérer pas comme une idéaliste niaise, jusqu'au bout je défendrai ce qui vit et ce qui souffre sous quelque forme que ce soit.
érika
Une classe de PS-MS-GS à 26 dans un petit local: j'ai donc fait le choix de ne pas avoir une place assise par enfant pour conserver des coins jeux. L'an prochain je risque de monter à 29 ou 30 si on prend les deux ans: comment avoir du temps pour ces deux petits alors qu'il y a déjà tous les autres.
Alors oui il y a des pays ou c'est pire mais quand on voit les progrès des enfants dans les pays que le gouvernement cite en exemple au niveau des évaluations ou on se donne les moyens humains et matériel c'est honteux!
Des classes de 25, des locaux équipés, des aides pour les enfants handicapés et non pas le système débrouille de la part des profs serait un minimum pour respecter tous les enfants à l'école dès la maternelle.
Enfin: n'oublions pas que les autre spays trouvent le travail effectué à l'école maternelle française formidable mais hallucinent devant les effectifs.
Bonjour,
"Une classe de PS-MS-GS à 26 dans un petit local: j'ai donc fait le choix de ne pas avoir une place assise par enfant pour conserver des coins jeux."
J'aime bien ce choix, Lady.
Des collègues retirent parfois tout coin jeu, faute de place. Il y a d'autres options.
"L'an prochain je risque de monter à 29 ou 30 si on prend les deux ans: comment avoir du temps pour ces deux petits alors qu'il y a déjà tous les autres."
Les 2 ans ont besoin d'adultes à cet âge, ils ne les trouvent pas dans les écoles, vu nos taux d'encadrement. (Si les crèches ou centre de loisirs sont à 1 adulte pour 8 enfants, c'est qu'il doit y avoir une raison...)
Les enfants de maternelle ont besoin d'enseignants pour apprendre, dans la proximité.
Alors, les 2 ans peuvent peut-être attendre une année...
@micalement
Christine
Merci pour commentaire et pour ton site
Je suis convaincue que les deux ans ont leur place à l'école maternelle mais dans ces conditions je vais devoir faire le forcing pour qu'on ne les prenne pas. Quelle ironie!
Je ne pourrais pas fonctionner sans coin jeux, il s'y passe tellement de choses (s'exprimer, exister, faire des choix et être autonome entre autre) et ça permet à mes élèves d'être détendus et receptifs aux apprentissages.
Vive l'école maternelle!
Pareil en Belgique. Chez nous, il faut un certificat médical de minimum 8 jours ouvrables (parfois 6 ou 5 quand on la chance de travailler dans une école dite en discrimination positive) pour être remplacée (mais surtout pas après mars, car nous dit-on, il n'y a plus personne ???? )
Certaines enseignantes craquent et s'absentent beaucoup...D'autres se prennent pour des wonder woman et pour ne pas perturber le travail des collègues viennent courageusement travailler avec grippe, bronchite, pneumonie, 40 de température...
Certains parents se préoccupent du bien être de leurs enfants et de leur enseignante, d'autres vous les catapultent en classe en disant " Aller, je n'ai pas le temps, je suis pressée" parce qu'on est mardi et que c'est jour de marcher ! " Il faut de tout pour faire un monde...
Après 14 ans à ce régime, ma motivation en a pris un sérieux coup. J'arrive encore à faire mon travail correctement, mais pour combien de temps encore ?
Je pense sérieusement à me reconvertir en éleveur de poulets. A la réflexion, ceux-ci ne doivent pas travailler dans de meilleures conditions... Alors peut-être en poulet d'élevage en plein air ?
Tout à fait d'accord,j'essaie d'alerter les collègues depuis des années sur ce pb... Chez nous il y a aussi les dortoirs qui font la moitié d'une classe et doivent accueillir..... 90 enfants!!! Ce qui n'a jamais été pratiqué heureusement (on dort alors dans la classe au milieu des tables et chaises) et malgré tout, en été (nous sommes en région tropicale), la chaleur est telle que je me demande s'ils dorment ou s'ils sont évanouis...
ET LA CANTINE????? Quel citoyen accepterait de manger dans les conditions dans lesquelles nos enfants mangent??? Le bruit, pour ne citer que lui, mériterait que l'on alerte la santé publique aussi.... Mais ce qui est désolant, c'est la résignation des parents... Cette année je me suis battue contre l'enseignant de mon fils qui fait du CM1 au CE1 et gratifie les enfants de petites remarques assassines qui font rire les uns aux dépens des autres. J'ai dû lutter seule, les autres parents se détournant du problème, minimisant le temps restant avant la fin de l'année etc... Et je suis passée pour la chieuse, la folle qui demande des comptes au maître. M'en fous, j'ai eu gain de cause, il a enfin fermé sa gueule avec ses petites réflexions et n'essaie plus de faire faire des rosaces au compas à mon fils de 8 ans (l'équerre est rangée par ses bons soins...)
Faisons du saupoudrage. Et ne nous prenons pas la tête. (C'est de l'ironie bien-sûr)
Il faudrait que les parents nous soutiennent davantage quand nous manifestons notre mécontentement car il s'agit avant tout du bien-être de leurs enfants.
bonjour votre article nous a beaucoup plu et il est tres raccord avec une serie de videos que nous avons commises en reponse a la rentree que l'on nous a promis pour 2012.
http://www.youtube.com/watch?v=S-SY...
il s'agit d'une classe de 30 poules a qui l'on voudrait faire cours
cordialement
fred
Trop drôle ! Dans la série "mieux vaut en rire qu'en pleurer".
Le poulet 12 a l'air bien parti pour s'en sortir, quand même
@+
Bonsoir,
Je trouve que c'est un peu inexact de dire qu'aucun pays européen ne maltraite ainsi ces enfants. Il faut prendre en compte le fait qu'en France les parents scolarisent leurs enfants plutôt que dans la plupart des pays. Par ailleurs, dans les autres pays l'école maternelle est payante. Or en France dès qu'il s'agit de payer un chouïa...on connaît la suite.
Dans mon école, les classes de PS et MS sont immenses avec de formidables coins jeux, en GS, la classe est diminuée d'au moins la moitié avec les mêmes enfants, j'ai dû aussi enlever le peu de coins jeux que j'y ai trouvé, pour que l'on puisse se mouvoir, de toute façon, poupées, dînettes et autres jeux d'imitations n'ont pas la place d'être valorisés, autant les supprimer et nous avons trouvé au moins avec un peu d'aisance, et de la place pour que les livres, albums, documentaires, soient accessibles. Les enfants n'ont plus d'espace pour imiter, inventer, alors ils les créent en se cachant sous une table... pourquoi les en empêcher quand ils ont encore besoin de cette intimité, de ce monde imaginaire, il n'y a qu'à tendre l'oreille pour entendre la richesse de leurs propos, ils jouent, ils réinvestissent, ils grandissent. Et moi je passe pour la maîtresse qui ne "cadre" pas. Moi, qui ai joué si souvent sous la table avec mes cousins, chez mes grand-parents, j'en connais la force. Il faudrait que les enfants, pardon, les élèves, restent assis, devant un "travail"... comme au CP... Laissons le temps aux enfants !!! Laissons leur de l'espace vital !!!
A la suite de la visite de sécurité dans mon école, j'ai appris que dans un salle de classe disposant de deux issues de secours, il ne devait pas selon les normes en vigueur y avoir plus de 19 enfants et 1 adulte... on peut je pense fermer toutes les classes de France...
Que dire d'une civilisation qui fait peu de cas de l'instruction/éducation ?
Par-contre, ne comparons pas cet état des lieux, aussi déplorable soit-il, avec les conditions de vie terribles des animaux d'élevage. Ce sont 2 sujets différents qui doivent être traités en même temps, il n'y a pas de priorité au bien-être.