Tout en images : Atelier d’exploration de jeu de construction

On avait déjà parlé des ateliers d’exploration libre, souvent autour des arts plastiques.

Je me sens toujours obligée d’accoler le mot « libre » à exploration tellement la pression de la consigne est puissante à l’école.

A l’école, on fait ce que dit l’enseignant.
On suit la consigne qu’il a méthodiquement notée dans sa préparation de classe.

A l’école, on essaie d’apprendre, et parfois ça se passe sans consigne et (en apparence) sans enseignant.

Dispositif

Du matériel sur une table.
Des enfants qui s’engagent toutes sections confondues.
La possibilité de s’inscrire plusieurs fois à l’atelier et avoir le temps de laisser murir la compréhension.
Pas de consigne.

Des tapis sur la table, pour éviter le bruit.
Quatre élèves seulement à l’atelier, pour éviter les disputes et obliger ceux qui attendent à observer.
Un casier pour ranger le matériel par catégorie avant de quitter l’atelier.

Récit en images, en PS/GS

Bon… Il y a des trous, des machins à mettre dedans et des outils.


Mais comment se servir des outils ? Des écrous ?

Visiblement, ça s’emboite là…

J’ai trouvé : c’est une pince.



Si je mets plus de planches, les vis tiendront ?

J’ai bien vu que les grands mettaient un bidule rouge pour que ça tienne.


Bon, j’ai compris mais la réalisation motrice pose encore problème !

Les autres ont l’air de faire tourner la clé.

Quand l’imitation, le plaisir du geste emporte l’action.



La clé a l’air d’aller là, de tourner…


Oui, mais ça tourne de partout !


Explique moi… Comment il tourne ? (L’écrou)
Oups ! Le monde physique est parfois cruel. Mais c’est pas grave, on cherche.


Ok : l’écrou va sur la vis. Mais comment le fixer ?


Victoire !

OK : la clé sert à visser.
Mais ça marche pas comme ça. Faut un écrou.


Compréhension express !

Pourquoi ce type d’atelier ?

L’enfant apprend… à réfléchir.

Je pourrais (et c’est pas l’envie qui m’en manque parfois) lui montrer comment faire, lui tenir la main, la clé, la vis, la planche… Et il apprendrait juste à faire ce qu’on lui dit, ce qu’on lui montre, à visser ce qu’on lui tient.

Dans ce type d’atelier, il cherche, émet foule d’hypothèses qu’il teste.
Il s’ouvre aux autres, les observe, analyse, échange, imite plus ou moins efficacement.
Il met en réseau toutes les informations qu’il glane, qu’elles soient d’origine motrice ou intellectuelle. (Par exemple : Tenir compte de la gravité et ne pas retourner une planche remplie de vis avant d’avoir visser les écrous.)
Il se concentre, s’applique, persévère, créé, imagine, s’inspire.

Bref, c’est très riche pour lui.
Et pratique pour nous : voilà un atelier vraiment autonome.
Notre action d’enseignant se situe en amont de l’atelier, dans le choix du dispositif et sa mise en oeuvre.

 

Le brevet de notre classe

Capture d’écran 2016-06-05 à 16.53.50
Au plaisir 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *