Dans la classe de TPS/PS de Sandrine

Sandrine partage ici son expérience, les pistes qu’elle a empruntées avec ses petits de 2, 3 ans.
Nous voilà un peu plus riche ! Merci  😉

J’ai démarré à la rentrée de septembre 2013 les ateliers échelonnés avec ma classe de 23 TPS/PS. Depuis deux ans que j’étais en maternelle, j’avais un fonctionnement « classique » : des groupes de couleur, des ateliers imposés qui tournaient sur 4 jours, un lancement de consignes en grand groupe …

MVC-003S

 Mais au bout de ces deux ans beaucoup de choses me déplaisaient

* le lancement en collectif, alors même qu’en fin d’année la majorité de mes petits ne connaissaient pas la couleur de leur groupe, donc ne voulant totalement rien dire pour eux (« les rouges vous allez faire des boudins en pâte à modeler » … aucun ne se sentait concerné).

* la façon d’imposer les activités, presque de visser sur une chaise des enfants dès leur entrée à l’école, leur demandant une posture d’élève dont certains étaient très loin

C’est alors que j’ai trouvé le site maternailes et ses ateliers échelonnés. Bien sûr, une crainte m’a saisie : comment faire avec des TPS/PS ? Ne seront-ils pas trop petits ? 

Alors j’ai trouvé, pour l’instant, un mode de fonctionnement qui va bien : après l’accueil, je débarrasse deux tables où j’installe les ateliers, je fais marcher une petite cloche pour dire que les ateliers sont ouverts et les petits vont s’installer où ils veulent. J’explique à chaque table les consignes et je note qui s’est installé. Je propose aussi l’atelier de l’ATSEM, les enfants intéressés viennent s’y installer aussi.

Je ne fais pas deux rotations consécutives, car cela fait un temps trop long d’activités en classe. J’ai morcelé l’emploi du temps en plages de 30 minutes, en alternant phases d’ateliers, de regroupement, ou d’action (récré ou motricité), ce qui rythme la journée et ne laisse pas de trop grands moments où les enfants pourraient s’énerver (ce qui était le cas en début d’année).

Avant la deuxième session d’ateliers, je montre les photos de la première session pour que nous revenions sur les réussites par rapport aux objectifs et je réinvite à participer aux différents ateliers.

Les enfants peuvent refaire plusieurs fois le même atelier, bien sûr, mais ils savent aussi que la priorité est donnée à ceux qui ne l’ont pas encore fait. On leur apprend alors à partager, attendre, respecter l’autre … pas facile à trois (et a fortiori 2) ans !

maxicoloredo

Par contre je me heurte encore à des difficultés : l’extrême hétérogénéité des enfants, de leur temps de concentration, de leur intérêt. Certains ateliers sont pris d’assaut (le sable, les tablettes) et d’autres un peu plus boudés (les maxicoloredo par exemple). Il faut être réactif pour changer d’atelier en cours de semaine si un atelier n’intéresse plus personne par exemple.

Mais le fait que les coins jeux restent ouverts, ainsi que les tablettes, les puzzles, le coin bibliothèque, les ordinateurs… fait que tout le monde trouve quelque chose qui l’intéresse, quelque chose de constructif, et donc n’est pas perturbateur.

perenoel

Bien sûr il faut rappeler gentiment mais fermement qu’on ne crie pas, qu’on ne s’énerve pas aux coins jeux mais une fois qu’un enfant s’en est fait sortir par la maitresse, il fait attention.

 Grâce à cette organisation j’ai une classe sereine, calme, détendue. Même mon ATSEM, qui était un peu perdue au départ sans groupe identifié à prendre en charge, dit qu’elle trouve qu’elle a plus de temps pour s’occuper des enfants (pourtant j’ai doublé le nombre d’activités que je lui fais faire dans la semaine, puisque je tourne sur deux jours et non plus sur quatre !), que tout roule mieux. Les enfants sont plus posés, ils écoutent mieux sur les bancs aussi … et je réussis patiemment à amener les enfants à participer à tous les ateliers, même certains qui sont potentiellement fortement perturbateurs (l’un d’entre eux, un petit animal sauvage réfractaire à toute contrainte, évolue librement, participe à son rythme et selon son envie et du coup travaille bien plus qu’il ne l’aurait fait si je lui avais imposé des choses, ce qui aurait engendré cris (enfin, hurlements) et violence, néfaste au climat de classe).

Voilà mon modeste témoignage. En tous cas, il n’y a pas de mystère, de tergiversations : je ne changerais plus d’organisation pour tout l’or du monde ! Et merci Christine pour ce témoignage riche d’idées nous permettant d’avancer aussi dans nos classes !

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