L’inscription aux ateliers

  1. L’inscription aux ateliers : Pourquoi ?
  2. Le système d’inscription
  3. Les règles incontournables
  4. Le matériel
  5. Etiquettes et tableau de présence

1. L’inscription aux ateliers :
Pourquoi ?

« L’activité de l’enfant est poussée par son propre moi et non pas par la volonté de la maîtresse » Maria Montessori ( 1870-1952), extrait de « La pédagogie scientifique ». (1)

50 ans plus tard…:  » Nous ne pouvons pas exercer notre métier sans un engagement de l’autre (de l’élève), sans une mobilisation, sans un usage de soi par soi. » Bernard Charlot.

Si l’on en croit les chercheurs (2), la dynamique d’apprentissage la plus efficace est la motivation intrinsèque. C’est cette dynamique que le dispositif d’inscription va chercher. Parce que les performances et la persévérance sont bien meilleures lorsque l’enfant se mobilise par lui-même, même si d’autres facteurs conditionnent la réussite scolaire.
Parce que nous avons besoin de l’implication de l’enfant lorsque l’on fait appel à sa sensibilité, à sa curiosité, à son langage, à sa réflexion…

Bien sur, une partie des élèves ne va pas pouvoir s’inscrire tout de suite à l’atelier de son choix. L’enfant devra apprendre à gérer sa frustration, contrôler son désir immédiat pour attendre qu’une place se libère. L’activité n’en sera que plus précieuse ! Il devra comprendre ou tout du moins accepter qu’il existe d’autres enfants dans la classe (3), qui doivent eux aussi participer à cet atelier. Bref, l’enfant apprend à se projeter dans un monde social où les règles collectives lui assurent une place en même temps que leur lot de contraintes.

Bien sur, il existe toujours des enfants qui ne s’inscrivent pas spontanément aux ateliers, qui ne semblent pas motivés par les activités proposées.
On est à l’école, les programmes leur sont du. Alors, même si la motivation extrinsèque est moins efficace, je vais les chercher pour qu’ils participent à un atelier.
Ce système d’inscription va me permettre de les identifier et de dégager un temps pour eux, pour les accompagner au plus près dans les activités.
Cela demande beaucoup de disponibilité, ce pourquoi je ne démarre pas de second roulement d’ateliers avant que tous les élèves, et notamment ceux-là, aient travaillé.

(1) On trouve de nombreux ouvrages sur la question de l’engagement de l’enfant. Dans « Motivation et réussite scolaire » Lieury et Fenouillet font notamment le point.
(2) Ces lignes ont été écrites en 2011, quand Maria Montessori n’était pas encore servie à toutes les sauces. Loin de moi l’idée de surfer sur cette vague.
(3) Accepter qu’il existe d’autres enfants dans la classe, pour les petits comme pour leurs parents, n’est pas chose facile !

2. Le système d’inscription

Je profite du calme de l’accueil pour ouvrir un par un les ateliers, sans regroupement collectif, en commençant par les ateliers autonomes.

Je m’installe au lieu de l’atelier avec le matériel, une boite à inscription et la liste des élèves de la classe.

Des enfants s’inscrivent en plaçant leur étiquette présence sur la boite. Ils peuvent participer plusieurs fois à un même atelier, pour améliorer leur réalisation, expérimenter un niveau différent dans le cadre d’ateliers échelonnés, coopérer avec d’autres enfants ou engranger le plaisir de bien faire et l’estime de soi en tant qu’élève.

Nous cochons les passages de chacun.
La présence de l’initiale bestiole dans les listes comme sur l’étiquette présence facilite ce passage obligé : les enfants cochent rapidement leur prénom de façon autonome.

Nous verbalisons ensemble la consigne et tout ce qui peut l’entourer : les savoir-faire qui vont nous aider à la réaliser (à quoi faut-il faire attention), les différentes étapes, les niveaux de difficultés des ateliers échelonnés, le matériel nécessaire et les aides que l’on va pouvoir trouver (affichage, bandes numériques…), ce que l’on va faire du travail terminé (ce qu’est exactement le travail terminé). C’est aussi un moment de langage ou l’on exerce l’échange et le langage scolaire.
Même bref, ce temps de structuration du langage est d’autant plus efficace que les enfants présents sont volontaires et peu nombreux ( 6 maximum.)

Dès que je suis disponible, un atelier est imposé aux enfants qui n’en ont encore effectué aucun. Ces enfants font l’objet d’une attention toute particulière qui vise à les rapprocher des apprentissages, à leur donner petit à petit le goût de l’école. Ils sont identifiés d’un coup d’oeil : leur étiquette présence est toujours affichée dans le tableau.

J’ai donc besoin de peu de matériel :
– Des boites de couleur qui fixent le nombre de participants et le lieu de l’atelier (sur une table, derrière l’écran de l’ordinateur…)
– Les étiquettes et le tableau de présence.
– La liste des élèves pour savoir qui a fait quoi.

3. Les règles incontournables

Il me faut veiller au respect rigoureux de certaines règles qui garantissent un temps d’apprentissages à tous.

Tous les élèves doivent faire au moins un atelier sur le créneau horaire, avant ou après avoir joué. On est à l’école.
Cette exigence est mise en place progressivement. Lors des premières semaines de rentrée scolaire, des gros chagrins-colères qui parfois l’accompagnent, je n’impose rien.

On ne peut pas faire un deuxième atelier avant que tout le monde en ait fait un. Mieux vaut installer quelques coins jeux plus scolaires pour nourrir les goulus d’école que de faire une seconde rotation à la demande qu’investient toujours les mêmes élèves. J’aménage un coin écriture par exemple, où les enfants retrouvent les lettres et les mots travaillés avec Abécécriture , ou encore un coin écoute…
Cette règle permet de réserver un temps spécifique pour ceux qui n’ont pas encore travaillés, ces enfants invisibles, ces joueurs invétérés que l’école n’intéresse pas, ceux qui ont tout particulièrement besoin de l’enseignant médiateur pour accéder aux apprentissages.
Comme les ateliers échelonnés proposent souvent plusieurs activités par niveaux, les différences de rythme de travail sont généralement absorbées : dans ce brevet par exemple, Kévin ne réalise que deux tableaux pendant que Laétitia les fait tous en s’inscrivant plusieurs fois.

Les enfants qui jouent ne doivent pas déranger ceux qui travaillent : ils quittent le coin jeu dans le cas contraire. Ça motive ! J’interviens sans crier. Je me déplace et les informe calmement : « Tu fais trop de bruit à ce coin jeu, tu nous déranges alors tu sors. » Petit à petit, j’ai de moins en moins à me déplacer : les enfants contrôlent leur niveau sonore pour rester aux coins jeux.

4. Le matériel

Les boites d’inscription
Il s’agit de boites métalliques de lait pour nourrisson.
Il y en a 4, de couleurs différentes.
J’ai utilisé de la peinture vitrail et du cerne noir pour les décorations.
J’ai réservé 6 fenêtres sur lesquelles les enfants peuvent placer leur étiquette aimantée.
Je peux adapter le nombre d’enfants à l’atelier en bouchant une fenêtre

Les étiquettes et tableau de présence
Les étiquettes sont plastifiées et aimantées. Elles peuvent se fixer sur le tableau de présence, comme sur les boites d’inscription. Des explications sur le choix de ce format ainsi que des planches vierges sont à retrouver sur cette page.

Les listes d’élèves
Deux types de listes sont utilisées dans la classe :
– l’une sert à noter simplement les passages des enfants en cochant un rond à chaque participation
– l’autre liste présente une colonne supplémentaire pour noter les niveaux de compétences atteints par chacun.
Ces listes sont collées dans mon cahier journal et témoignent ainsi des parcours de chacun.

On retrouve sur le plan de travail, une représentation des boites que l’on peut télécharger ici.

5. Etiquettes et tableau de présence

De la petite à la grande section, le prénom de l’enfant est écrit sous ses trois écritures, les lettres alignées, une initiale « Bestiole » accompagne le prénom jusqu’en moyenne section.

Pourquoi utiliser les trois polices ?

Pour permettre à l’enfant, durant ses trois années de maternelle, de découvrir et appréhender de manière empirique la correspondance entre les différentes graphies des lettres.
En fin de Cycle, il est généralement capable de lire tous les prénoms de la classe et maîtrise grâce à ce dispositif les différentes écritures des lettres les plus usuelles. Arrivés au CP, les enfants qui ont fréquenté ce dispositif maîtrisent aisément les passages d’une graphie à une autre en lecture.

Pourquoi une initiale Bestiole ?

L’initiale « bestiole » est présente jusqu’en MS.
Dans l’organisation de ma classe, il est indispensable que les enfants reconnaissent leur étiquette dès les premiers jours puisqu’ils s’inscrivent avec, de façon autonome.
La photo en PS, et l’initiale en MS permettent une gestion fluide des élèves.
Progressivement, ces aides à la reconnaissance du prénom sont retirées pour centrer le repérage visuel et la mémorisation uniquement sur les lettres.

A noter : Pour certains, « il est déconseillé de personnaliser le prénom des élèves à l’aide de dessins d’objets, d’animaux ou de formes géométriques : ces éléments ne peuvent en aucun cas les symboliser, surtout au moment où ils construisent leur identité ». Je ne crois pas que mes élèves se soient jamais identifiés à la bestiole qui a accompagné un temps leur étiquette, mais c’est à chacun de voir.
Enseigner c’est souvent regarder la balance : voilà ce que je gagne avec ce dispositif (une fluidité dans la gestion des élèves) et voilà ce que je perds (un frein à construire son identité – auquel je ne crois pas) Mon choix est fait.

Polices utilisées 

1) Police Bestioles, taille 90 à télécharger sur Dafont
2) Police scripte Cole, Taille 24, majuscule
(Télécharger la Police sur le site Pointécole )
3) Police Scripte Cole, Taille 30
4) Police Crayon L, Taille 30
5) Police Scripte Cole, Taille 28, Gras, majuscule.

Le tableau de présence :

Dans ma classe, il s’agit d’un tableau dessiné sur une grande ardoise métallique. Il y a 6 lignes de 5 cases numérotées de 1 à 30.
Après l’accueil, un enfant « de service » est chargé de compter les présents. Cela se fait sans regroupement collectif, entre l’adulte et l’élève, entourés, bien sur, des petits curieux du jour.

Il me semble beaucoup plus efficace d’effectuer ce rituel en tout petit comité qu’en grand groupe. Dans le cadre collectif, seul un enfant agit, tandis que les autres attendent généralement que ça se passe, usés par la répétition. L’enseignant est alors plus occupé à maintenir le groupe au calme qu’à accompagner l’enfant de service.
Par ailleurs, les niveaux de réalisations sont extrêmement différents d’un enfant à un autre et certains ont besoin, pour progresser, de la proximité de l’enseignant et du climat de confiance lié au tout petit groupe.
Il arrive que certains refusent de compter, je le fais alors devant eux jusqu’à ce qu’ils se lancent.

 

Article mis à jour en Octobre 2018

Editions Maternailes

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Christine

auteure de Maternailes.net