2.
L'inscription aux ateliers
Je
profite du calme de l'accueil pour ouvrir un par un
les ateliers, toujours sans
regroupement collectif .

Je
m'installe à une table avec
:
- le matériel de l'atelier :
- le système d'inscription (une boite de lait bébé
de couleur)
- la liste des élèves de la classe, sur laquelle nous
notons le nombre de participations des élèves et les niveaux
de compétences atteints.
Les listes seront collées dans le cahier journal ou elles témoignent
des parcours de chacun.
Des
enfants s'inscrivent en plaçant leur étiquette
sur une des six places maximum de la boite.
Il y a toujours des petits curieux aux alentours, ou des goulus de l'école
qui attendent l'ouverture des ateliers. Certains ont déjà
repéré sur le plan de travail ce qu'il voulait faire.
Ils
cochent leur prénom sur la liste ou l'adulte le fait.

Nous
verbalisons ensemble la consigne, le matériel nécessaire,
ce qu'il faudra faire du travail terminé,
( et ce qu'est exactement le travail terminé...).
Même bref, ce temps de structuration du langage scolaire, est
d'autant plus efficace que les enfants présents sont volontaires
et peu nombreux ( 6 maximum.)
L'atelier
autonome est ouvert en premier.

D'
autres ateliers sont ouverts de la même façon,
celui de l'ATSEM qui le gère ensuite, puis
celui de l'enseignant, souvent un atelier plus complexe
: un atelier échelonné, une situation problème,
une expérimentation plastique ou scientifique qui demande un
pilotage expert...
Lorsque
les élèves ont terminé, ils retirent leur étiquette
et la placent dans la boite d'inscription, libérant
ainsi une place.
Les
élèves qui n'ont effectué aucun travail ont
leur étiquette dans le tableau de présence.

Nous les prenons alors avec nous, après une première vague
d'atelier et leur demandons de travailler.
Nous essayons d'être particulièrement disponibles pour
ces enfants que l'activité scolaire n'intéresse pas (encore
!).
A
chaque atelier correspond une boite de couleur différente que
l'on retrouve sur le plan de travail collectif.

A
la fin des ateliers, après avoir rangé, nous nous regroupons
autour du plan de travail et un bilan
est effectué.
| Les
variations ... |
|
Le regroupement collectif
Certaines
années, il arrive que le groupe de petite section se soit
particulièrement bien adapté à l'école.
Si la communication collective, le langage scolaire ne leur est
plus étranger : un regroupement collectif est
alors organisé avant les ateliers, autour
du plan de travail, pour présenter
les activités.
Les étiquettes sont ensuite distribuées aux enfants
qui peuvent commencer par jouer ou travailler.

Ce
regroupement de présentation des ateliers autour du plan
de travail est mis en place systématiquement
l'après-midi en MS/GS.
Petit à petit, au fil de l'année, l'inscription
aux ateliers devient obligatoire lors du premier roulement,
les élèves de MS/GS étant alors plus capables
de se mobiliser sur commande.
Ceux qui ont encore besoin de jouer ne participent pas au second
roulement, mais, sans langue de bois, ils sont rares à
ne faire qu'un atelier : l'enfant a terriblement
envie d'apprendre, de comprendre, d'explorer, de s'exprimer...
Il faut "juste" lui en donner l'occasion.
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La constitution de groupes
(*)
Elle
se fait donc le plus souvent en fonction des
inscriptions volontaires, quelque soit la section,
avec une modulation de l'enseignant. On
peut être amené à séparer certaines
paires d'enfants "explosives", ou compléter l'effectif
d'un atelier avec ceux qui n'ont pas encore travaillé.
Mais
il peut y avoir des groupes d'enfants désignés
par l'enseignant pour
des raisons précises :
- Un groupe d'enfants faibles en
langage par exemple, peut être constitué de
3 ou 4 élèves pour une séquence
qui sera reprise ensuite en grand groupe...

- Un groupe d'experts en écriture
par exemple, peut recevoir un enseignement spécifique sur
le sens de rotation du "A" de maman, avant de le travailler
sur fiche, les autres
travaillant sur les lettres majuscules.
-
Un groupe peut alterner experts et novices pour
engager un tutorat à l'atelier informatique par exemple.
- Les élèves de grande section
peuvent être réunis pour les évaluations
nationales en langage par exemple.
Jeu de société - 2 joueurs
Les
effectifs d'un atelier excèdent rarement 6,
et peuvent être limités pratiquement en plaçant
des cartes "interdit de stationner" sur la boite d'inscription.
(*) Suite au commentaire
de Babalou du Blog
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3.
Notre fonctionnement
Il
y a toujours un atelier
échelonné, au moins, au plan
de travail. Il propose plusieurs niveaux de difficultés
que l'enfant investit non pas en fonction de
sa section, mais en fonction de ses compétences.
L'élève
doit participer au moins à un atelier sur
le créneau horaire,
avant
ou après avoir joué.
Tous
les enfants ont ainsi un même droit d'accès
aux coins jeux, pas seulement ceux qui ont terminé
leur travail et qui peut-être sont ceux qui en ont le moins
besoin...
Lorsqu'un
élève commence un atelier, il doit le terminer.
Les petits ont parfois tendance à papillonner sans prolonger
leur investissement de départ, sans entrer vraiment dans
un apprentissage.
En étant exigeant sur la conduite à terme d'un travail
on les aide à grandir, à devenir élève.
Bien sur, il faut que l'atelier proposé corresponde aux
compétences de l'enfant. Les ateliers échelonnés
nous permettent de nous en rapprocher en proposant plusieurs niveaux
de difficultés.
Il
peut participer plusieurs
fois au même atelier.
Lorsqu'un
élève fait trop de bruit notamment aux coins jeux,
il doit le quitter.
Il ne le quitte pas pour un atelier...Apprendre n'est pas une
punition !
Quand un enfant dérange la classe, je me déplace
jusqu'à lui si possible, lui rappelle la règle sans
hausser le ton, ( c'est interdit ! ) et lui demande de sortir
de l'espace ou il se trouve.
Cette règle - non négociable - amène
généralement la plupart des enfants à maîtriser
leur volume sonore et leurs actes. Elle demande à l'enseignant,
en début d'année, beaucoup de disponibilité
et de fermeté.
Une chaise magique attend les grands bruyants qui ne parviennent
pas à se contrôler : lorsqu'on est assis dessus,
on ne fait pas de bruit, on ne dérange plus les autres...Magique
!
Il y a aussi ces années à 30 par classe, parfois
la présence d'adultes bruyants, ou ces jours de pluie,
avant Noël : chuchoter est alors la seule solution pour
"survivre ensemble". Tout le monde s'y met, adultes
compris.
On
peut travailler, jouer avec qui on veut, quelque soit sa section
(
les enfants s'inscrivent aux ateliers comme aux coins jeux toutes
sections confondues) Mais il faut pour cela respecter les règles
de la classe. Il arrive qu'il faille séparer certains enfants.
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4.
Le Matériel

Les
boites de lait bébé sont peintes avec de la peinture
vitrail, décorées avec du cerne relief. Un morceau
d'aimant autocollant est placé derrière chaque étiquette
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5.
Mise en place
| Amener
progressivement l'autonomie |
En
début d'année, on laisse tranquille les petits bouts
qui pleurent encore, et si par hasard
l'un d'eux se décide à venir, on l'accueille sans
aucune contrainte.
Au
fil des jours, quand
la maîtresse et les enfants sont plus disponibles,
on leur demande de placer leur étiquette pour s'inscrire
sur une seule boite, la mienne, et lorsqu'ils ont terminé,
on leur demande de la glisser dans la fente en partant. Je
coche le prénom des participants, en attendant qu'ils en
soient capables.
Puis, d'autres boites d'inscriptions sont placées sur les
autres ateliers.
Petit à petit, on met en place les conditions de
l'autonomie :
-
On signe son travail en plaçant son prénom, ou sa
photographie sur sa production.
- On place son travail terminé sur le bureau...
| Le
roulement des ateliers |
 |
Au
premier trimestre, un
couvercle tirelire est placé sur les boites.
Les enfants y glissent leur étiquette lorsqu'ils
ont terminé leur atelier et libèrent mécaniquement
une place. Ils n'ont pas le droit d'ouvrir les boites pour
la reprendre. De fait, on
ne peut faire un second atelier que lorsque tout le monde
a pu travailler.
|
|
Je
prends le temps d'évaluer le travail effectué
à chaque atelier avant d'ouvrir les boites.
Ce temps entre deux roulements
est important. Il permet une action pédagogique
ciblée :
- effectuer un bilan si nécessaire
avec uniquement les enfants d'un atelier.
- engager un étayage individuel
avec certains.
- recadrer les petits fainéants.
Empécher une rotation libre des
élèves permet par ailleurs de gérer
les différences de postures des enfants, de
ne pas se laisser envahir par certains... Les
goulus de l'école, les fagocyteurs d'adultes, les
papilloneurs-zappeurs tentent de s'accaparer tous les ateliers
ou les adultes pendant que d'autres glissent pour la 742
fois leur voiture sur le banc !
Ces derniers peuvent aussi acceder aux apprentissages dans
de bonnes conditions, avec l'enseignant tout près
d'eux.
Il
ne s'agit pas d'empêcher les rapides de travailler.
Il s'agit de n'oublier personne.


Lorsqu'ils
seront plus autonomes, les ateliers échelonnés
répondront à cette différence de rythmes
et de niveaux, l'aménagement de la classe
évoluant aussi avec le groupe et pouvant proposer
des coins jeux plus "scolaires".
|
| La
durée des ateliers sur la semaine |
Un
atelier est changé lorsqu'il est...terminé !
Les enfants peuvent venir plusieurs fois à un atelier,
histoire de travailler sur un autre niveau ou d'engranger le plaisir
de bien faire, mais lorsque l'atelier ne présente plus
d'intérêt ou de progrès possible, il est remplacé.
Sa durée varie de 2 jours à 2 semaines, et un
nouvel atelier peut être introduit n'importe quel jour de
la semaine.
Il
y en a toujours un préparé à l'avance par
mode de gestion : atelier autonome, atelier avec ATSEM, atelier
avec l'enseignant, pour que le changement s'effectue sans tension
avec les ateliers restants.
Il
arrive parfois qu'un élève ait "tout fait"
sans
qu'on puisse encore changer un atelier, toute la classe n'étant
pas encore passée partout. Pour que l'enfant "attendent"
les autres sans perdre son temps, je peux :
- complexifier un atelier en proposant
par exemple une salade de puzzles ou l'enfant doit réaliser
3 puzzles qu'il a déjà fait mais ou toutes les pièces
ont été mélangées
- ouvrir un atelier autonome décroché
de notre progression générale comme
l'atelier d'écoute ou l'ordinateur.
- proposer une tache occasionnelle : trier
les feutres et mettre de coté ceux qui ne marchent pas,
ranger les gommettes par formes...
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