Tout en images : L’entrée en activité dans notre classe de PS/MS/GS

L’entrée dans l’activité se fait d’une façon singulière dans notre classe. J’y reviens ici avec une série de vidéos. 

Le plan de travail des GS

Le matin, lorsque tout le monde est arrivé, un enfant de service compte les présents. (cf Emploi du temps de la classe) Je réunis ensuite les élèves de grande section à leur table, autour de leur plan de travail. (cf Les plans de travail en grande section)
Capture d’écran 2014-08-23 à 10.17.04

Tous les grands commencent à travailler en autonomie. Je les laisse pour aller ouvrir les autres ateliers, ceux qui concernent toutes les sections. Les grands nous rejoindront après. Entre les deux, certains feront une petite halte aux coins jeux.

Autour du plan de travail de la classe

Un petit signal sonore résonne dans la classe. Il rappelle à qui veut l’entendre que les ateliers vont bientôt commencer.

L’élève dont c’est le tour me présente les ateliers du matin. (cf La passation de consignes)

Les goulus de l’école nous rejoignent et nous aident. Les autres continuent à jouer. Ils engrangent de multiples apprentissages aux coins jeux (cf Les coins jeux).
Il n’y a donc aucun regroupement collectif pour la passation de consignes aux PS/MS.

Ce temps de langage autour du « plan de travail » vise deux objectifs :
– permettre à tous de s’approprier le langage scolaire, les attentes de l’école dans de bonnes conditions. L’ élève de service échange avec l’enseignant et des enfants motivés, quel que soit son niveau de langage, sa familiarité avec le monde de l’école. (cf Le langage scolaire)
afficher les ateliers de la matinée pour que les enfants puissent se projeter chaque matin et choisir, autant que possible, leur atelier.

L’atelier autonome : découpages

1) L’inscription

Les enfants s’inscrivent en plaçant leur étiquette présence sur une boite métallique. Ils cochent leur nom dans la liste de l’atelier. (cf L’inscription aux ateliers)

2) Langage autour de la consigne et des différents niveaux de difficultés

Ouvrir un par un les ateliers permet de dégager un temps précieux de langage en situation.
Un enfant explique comment tenir les ciseaux.

Un autre montre comment découper la planche de niveau 2.
J’en profite pour commenter : on découpe autour des abeilles (et seulement entre les abeilles au niveau 1)

3) Le choix du niveau

Les enfants choisissent le niveau de difficulté dans lequel ils veulent s’engager. (cf Ateliers échelonnés) J’essaie d’intervenir le moins possible dans ces choix sauf en cas de flemmingite chronique où ma mission est d’éclairer la valeur de l’effort ! (cf Choisir le niveau de l’atelier)

 

4) L’atelier autonome en action

Lorsque les élèves ont terminé, ils placent leur travail sur le bureau et glissent leur étiquette dans la boite pour libérer une place à l’atelier.

Atelier semi-dirigé : transvasements

1) Langage autour de la consigne et des niveaux de difficultés  Une élève, qui est déjà venue à l’atelier, explique aux autres la consigne : « On met de l’eau et après on entend le même bruit avec le bâton et si c’est pareil on les met ensemble. » On voit bien ici tout le travail langagier qui peut être mené ! Dans cet atelier, il faut trouver comment obtenir des sons identiques en tapant des verres plus ou moins remplis d’eau. Pour les enfants, le lien entre la quantité d’eau et le son n’est pas du tout évident. Par tâtonnement, ils vont finir par comprendre : il faut en mettre autant. Mais chut ! On les laisse chercher 😉 .   2) Deuxième niveau de difficulté 

Un défi pour ceux qui osent le tenter : chercher à reproduire une hauteur imposée par l’enseignant. De l’eau est placée dans le verre noir, aux enfants de chercher comment obtenir un son identique, même s’ils ne voient pas la hauteur.

Cet atelier est semi-dirigé parce que la présence de l’enseignant n’est pas constante. Ce qui m’a permis de filmer 😉 . (cf « Les différents types d’ateliers dirigés« )Certains quittent les coins jeux pour venir observer ce qui se passe. Ils comprennent la consigne en observant, même s’ils ne maitrisent pas encore le langage. (Apprentissage vicariant) Remarque : Cet atelier fait partie d’une progression autour des transvasements à retrouver sur cet article.

Atelier de l’ATSEM : peinture

Il s’agit d’un atelier d’exploration que les élèves investissent par eux-même en présence de l’ATSEM qui gère l’intendance.

Le langage lié à cet atelier sera posé lors du bilan. Nous observerons les différentes traces, compositions créées par les élèves et nous les mettrons en lien avec deux oeuvres d’artistes qui pourront (ou pas) inspirer les enfants lors d’un second atelier.

Dans les coins jeux

À cette période de l’année, je n’interviens que très rarement aux coins jeux. Les enfants savent qu’ils doivent y jouer sans déranger ceux qui travaillent. Dans le cas contraire, je les sors du coin jeu : « Tu fais trop de bruit, tu déranges les enfants qui travaillent. Tu ne peux pas rester là. »

 

Capture d’écran 2014-08-23 à 10.50.01 J’interviens plutot en fin d’atelier. Nous rangeons les coins jeux un par un pour en faire un temps d’apprentissages. Pour finir par les duplo qui se trouvent au coin regroupement : je range avec eux en faisant le moins de bruits possible.

Les nouvelles inscriptions

Tous les élèves doivent avoir fait au moins un atelier sur le créneau horaire. De nouvelles inscriptions ont lieu en cours d’ateliers. L’enseignant n’est plus aussi disponible.

Est-ce que cela pose un problème ?

1) Les inscriptions volontaires

Certains viennent s’inscrire après l’ouverture des ateliers. Ils observent généralement ce qu’il s’y passe avant de s’engager et accèdent bien souvent à la consigne ainsi. Il n’y a dans la classe qu’un atelier sans adulte (parfois plus en fonction du niveau d’autonomie.)

Bien sûr, ils ne bénéficieront pas du travail effectué en langage, mais ils peuvent bien souvent s’engager sans difficultés. De plus, dans notre classe de cycle, les élèves ont l’habitude de s’entraider.

2) Les enfants qui ne s’engagent pas

Certains ne semblent pas vouloir sortir des coins jeux.
Je vais chercher ces élèves et je les accompagne tout particulièrement dans l’activité.
C’est un moment délicat car nous avons moins d’énergie à ce moment de la matinée et ces élèves ont encore plus besoin de nous que les autres.

Pourquoi cette entrée singulière dans l’activité ?

Ce qui change par rapport à une transmission de la consigne en grand groupe :

– Une seule consigne est énoncée en situation pour le groupe concerné, généralement attentif.
– La structure de communication est d’une taille adaptée à la petite enfance. Nous prenons, à chaque fois que cela est possible, le temps de verbaliser la consigne, de lui donner du sensL’échange et le questionnement parfois maladroit des petits parleurs ne risquent pas de mettre en péril le regroupement collectif. On peut prendre le temps d’élaborer le langage le plus pertinent. 
– Les enfants ont la possibilité d’observer, d’analyser l’activité avant de s’y engager.
Même ceux dont le bagage est très éloigné de l’école peuvent accéder au sens, à l’orientation de la consigne avant d’en connaître les mots. Ils se laissent parfois aussi contaminer par l’enthousiasme des autres. 
– L’engagement de certains enfants et l’accompagnement ciblé de l’enseignant génère un investissement et une attention de meilleure qualité
 L’accès à la consigne est différencié, il est aménagé aussi pour les petits parleurs, les enfants culturellement éloignés de l’école, les petits de décembre qui ont un besoin de jouer pressant…
Le besoin de jouer est respecté. Les coins jeux restent accessibles à tous, pas seulement à ceux qui ont fini leur travail, ceux qui en ont souvent le moins besoin.
Le mélange des sections est possible, dans l’esprit des cycles d’apprentissages.

Ce qui ne change pas, c’est l’obligation de participer au moins à un atelier sur le créneau horaire, de s’engager ou de suivre un apprentissage déterminé par l’enseignant : on est bien à l’école même si on semble éloigné du modèle professionnel classique.

Pour en savoir plus : cet article sur la passation de consignes.

PS : Merci  aux collègues @celfrairot @delphinekaufman @ijennepin @4fages et @Phitassel pour leur relecture et remarques 😉  

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *