Quel niveau à l’atelier échelonné ?

À  l’école…

Traditionnellement, on propose des parcours par section : en période 1, les élèves « apprennent » à dénombrer jusqu’à 6, en période 2…

On prévoit des progressions sur l’année pour chaque domaine, avec des aides aux élèves « en difficulté ».

Les plus rapides sont occupés sur un cahier d’autonomie ou obtiennent le droit d’accéder aux coins jeux…

Les éditeurs travaillent aussi dans cette optique et destinent généralement la différenciation aux élèves en difficultés.

Cette vision de l’enseignement tend à rapprocher chaque enfant d’une norme. La différentiation est envisagée comme une « re-médiation » prescrite a posteriori aux malheureux éjectés de la course…

L’atelier échelonné 100_5136

Dans les ateliers échelonnés, plusieurs niveaux de difficultés sont proposés d’emblée à tous, ajustés s’il le faut à la réalité de la classe. Les enfants les investissent non pas en fonction de leur section, mais en fonction de leurs compétences.
La différentiation est envisagée ici en amont, comme la médiation entre les apprentissages et nos élèves. Des élèves aux compétences tellement différentes en maternelle.

Choisir le niveau de l’atelier

IMG_1949Après la présentation de l’atelier échelonné, les élèves choisissent leur niveau (qui nous parait peut-être improbable, mais on se retient d’intervenir autant que possible !)
Ils naviguent dans la graduation proposéesi c’est trop difficile, je prends le niveau en dessous, si j’ai besoin de me rassurer, je commence par quelque chose de facile pour moi, si j’ai l’habitude de tout réussir, j’analyse mieux le dispositif parce que la maitresse a encore corsé la chose…

La difficulté n’est pas honteuse, elle touche tout le monde à sa façon.
Elle fait partie de l’aventure, comme un indice à analyser pour trouver son meilleur niveau. Quand ça roule tout seul, a-t-on appris quelque chose ?

IMG_1948A noter :
Les enfants s’inscrivent plusieurs fois à un atelier et peuvent affiner leur parcours.
Ils ne choisissent pas le niveau le plus facile pour aller jouer, les coins jeux sont accessibles en permanence dans notre classe.

Pourquoi ?

Laisser l’enfant expérimenter différents niveaux de difficultés quand on pourrait lui dire « fais ça ! »,  est-ce que ce n’est pas lui faire perdre son temps ?

Cela lui permet de travailler dans sa zone proximale de developpement, pas toujours facile à identifier pour lui comme pour nous.
Il trouve aussi dans ce tâtonnement l’occasion de prendre conscience de ce dont il est capable, en toute bienveillance. Il cerne par lui-même les composantes d’un apprentissage, ses orientations et peut se situer : voilà ce que je sais faire, voilà ce qu’il me reste à apprendre. Il devient l’acteur de son « évaluation diagnostique » et son propre « prescripteur », à travers ce tâtonnement.

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Cela nous empêche de projeter notre vision de l’élève (cet élève de moyenne section ne sait pas écrire en cursive…)
Cela lui évite d’avoir à s’y conformer, lui donne toute liberté d’apprendre. Combien de fois me suis-je dit  -à tort- là, il va se planter, ou là c’est trop facile pour lui !

Enfin, ce tâtonnement de l’enfant n’est pas le stigmate du mauvais enseignant qui méconnaitrait sa classe, sa programmation…  C’est la reconnaissance de l’infinie diversité de nos élèves, de leur envie d’apprendre, de la difficulté à mettre en place les dispositifs qui y répondent. Il nous faut les observer, analyser leur spécificité et adapter nos propositions.

Merci à Florence et Marie, qui ont contribué à leur façon, à ce billet 😉

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