Les lettres d'un mot "mascotte" :

Nous travaillons dans un premier temps tous autour du même mot, un mot chargé affectivement, pour lequel l'enfant a envie de s'investir. Généralement le nom de la marionnette.

Travailler tous sur le même mot, les mêmes lettres, cela permet de mettre en place le fonctionnement de l'atelier d'écriture, l'utilisation correcte d'Abécécriture
Ce n'est pas du temps perdu : plus les enfants seront rigoureux dans l'utilisation des fiches d'écriture, plus ils pourront progresser de façon autonome.

Ce qui me permettra d'enseigner autre chose. 

L'écriture manuscrite, il faut bien le dire,  n'est qu'une toute partie du programme de l'école maternelle, une partie qui, petit à petit, dans leur vie d'étudiant comme dans leur vie d'adulte, va laisser place aux touches du clavier.

Nous abordons les lettres du mot en majuscule ou cursive en fonction des compétences des enfants, des sections de la classe.
Nous travaillons le tracé dans la farine, autour d'animaux ou de billes chinoises pour la cursive, en verbalisant ce qu'on fait. On varie parfois en écrivant au tableau, ou dans du sable.

Je décompose le geste étape par étape en traçant dans la farine à partir d'un point, comme sur les fiches.
L'enfant à coté fait de même. On trace plusieurs fois en tentant d'enchainer l'ensemble des gestes d'un coup, y compris le point de départ de la lettre.
Pour ceux qui en semblent capables, on retire les dessins, billes.


On reprend la chronologie des gestes sur les cartes à toucher. Elles sont à disposition au fil de nos apprentissages. Quand ils en ont besoin, les élèves viennent "réviser" le tracé d'une lettre du bout du doigt, en suivant le tracé rugueux, les points de départ et orientation des tracés.


Puis l'enfant travaille au feutre effaçable sur une fiche d'Abécécriture.
Les réussites sont généralement reprises sur un brevet.
Le parcours de la classe est noté sur un tableau collectif. Une lettre n'est complètement entourée que lorsqu'elle est maitrisée.

- Les mots de la classe, les mots de l'enfant :

Nous progressons ainsi avec tous les mots qu'on est amené à écrire, utiliser, mais aussi avec le prénom de l'enfant, ou des mots que souhaitent écrire les enfants.



- Prolongement : Atelier autonome, coin écriture :

Les fiches réussies par tous sont regroupées pour un coin écriture proposé périodiquement.
Avec les grandes sections qui maitrisent bien Abécécriture et respectent bien son utilisation, les fiches cursives sont aussi travaillées en autonomie.


- Ecrire toutes les lettres de l'alphabet :

On travaille des lettres non vues en fin d'année ( mais ce n'est pas si grave de ne pas avoir appris à écrire le z en cursive !)
D'autres explications ici.
Avec les grandes sections surtout, nous évoquons le bruit de la lettre à chaque fois que cela est possible. Certaines années, les GS travaillent avec la planète des alphas et apprennent ( ou révisent...) la graphie des lettres en même temps que nous suivons notre progression avec les Alphas. Voir ici, "Atelier autonome en grande section", notamment les plans de travail.

- Lier correctement les lettres cursives:

Lorsque nous écrivons des mots, l'enfant n'est jamais seul derrière un mot en cursive à reproduire. Nous travaillons ensemble à la bonne liaison des lettres, les enfants en maitrisant déjà la graphie.

- Les instructions officielles


Le document d'accompagnement sur le langage de 2006  évoque 2 entrées dans l'écriture, par la graphie des lettres ou par l' acte de communication.

P110 : L’intérêt de l’apprentissage de l’écriture des lettres isolées pourrait paraître douteux car copier en écriture cursive, compétence exigible en fin d’école maternelle, ce n’est justement pas écrire lettre à lettre. Néanmoins, compte tenu de ’importance de l’unité-lettre, de l’importance de la connaissance de l’alphabet, on postule que l’écriture des lettres est utile à une meilleure discrimination de leurs traits distinctifs. (...) Principe de progression : Le parti pris est de regrouper les lettres selon leur similitude graphique, pour l’écriture en minuscules, on se limitera aux normes utilisées dans l’écriture cursive : la famille des boucles vers le haut (b, e, f, h, k, l), celle des coupes (u, t, i), celle des ronds (c, o, a, d, q), puis les plus difficiles avec des « ponts » (m, n, p), les boucles vers le bas ou jambages (j, y, g) et les boucles combinées (s, x, r, z) et autres formes (v, w).

P109 : L’écriture nécessite des apprentissages rigoureux et systématiques, qui supposent une motivation. On apprend à écrire pour pouvoir se servir de ce qu’on sait. Ces apprentissages seront d’autant mieux acceptés s’ils permettent de réaliser des communications authentiques avec des interlocuteurs à qui on a quelque chose à raconter ; l’apprentissage du geste d’écriture s’inscrit dans un projet global de la classe où écrire a du sens.

Les Instructions officielles de 2008 insiste sur une entrée liée à la phonologie en grande section.
A la fin de l'école maternelle, l'enfant doit être capable de :
"Sous la conduite de l’enseignant, copier en écriture cursive de petits mots simples dont les correspondances entre lettres et sons ont été étudiées : écrire en contrôlant la tenue de l’instrument et la position de la page "
"s’entraîner à recopier les mots d’abord écrits avec l’enseignant pour améliorer la qualité de sa production, taille et enchaînement des lettres en particulier."
Les repères pour organiser la progressivité dans les apprentissages stipulent par ailleurs qu'en moyenne section, l'enfant sera capable de :
'"Écrire son prénom en majuscules d’imprimerie en respectant l’horizontalité et l’orientation de gauche à droite."

@micalement
Christine