Le blog Maternailes

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Organisation

Fil des billets

dimanche 14 avril 2013

Cahier de brevets

Un cahier de brevets ?

Dans notre classe, peu de cahiers :
- un cahier de correspondance,
- un  grand"cahier d'élève" par enfant

Sur la première page, cette étiquette présente le cahier d'élève :

Nos petits livres  y trouvent aussi leur place, dans une pochette agrafée à la couverture.


 Sur l'envers du cahier, les brevets sont collés de façon chronologique après cette étiquette :

Ils occupent la plus grande part de ce cahier d'élève.
Donc, si physiquement, il n'y a pas un cahier exclusivement réservé aux brevets, c'est tout comme !

Des exemples

En grande section :

Au même moment, en petite section :

À noter :
L'activité tangram sur tablette n'a pas été proposée aux élèves de petite section.
L'élève de GS, sur le cahier présenté, ne valide que trois tangrams alors que certains MS, passionnés, en ont réussis une bonne dizaine (Ils peuvent s'inscrire plusieurs fois à un atelier dans notre classe.)

Avantages du cahier de brevets

Parcours d'apprentissages individualisés

En fonction des sections, on ne trouve pas forcément les mêmes brevets.
En fonction des niveaux de compétences, les réussites sont différentes, même au sein d'une même section.
Cette suite de brevets permet de rendre compte et d'organiser les parcours individualisés, à mi chemin entre le cahier de vie et le livret d'évaluation.

Langage scolaire

Les cahiers sont en libre service à l'accueil où les enfants les feuillettent, les commentent, échangent.
Comme les brevets ne sont pas classés par discipline, l'enfant les énonce bien souvent, pour les domaines de compétences les plus "lisibles" (écrire, compter...). Avec l'enseignant, ce cahier peut servir de support pour progresser dans la maitrise du langage scolaire.

À hauteur d'enfant

Parce que nous essayons de le rendre accessibles aux enfants, notamment par le biais des photographies, l’élève peut retrouver, comprendre sur son cahier de brevets ses réussites, sa progression au fil des mois. Son métier d'élève prend forme.

Sans se chagriner de ne pas tout réussir !
Dans notre classe unique maternelle, toutes les sections sont mélangées. Les enfants ont l'habitude, dès la petite section, de ne pas atteindre tous les niveaux proposés dans les ateliers échelonnés.
De ce fait, apprendre, c'est faire de son mieux, aller vers une plus grande maitrise en sachant qu'il existera toujours un pallier plus complexe qu'on n'est pas encore en mesure d'atteindre. (Certains me demandent parfois des niveaux "quatre ou dix étoiles" !)

À hauteur de classe (et de maitresse)

Tout en gardant comme horizon les compétences de fin de cycle, le cahier de brevet se construit semaine après semaine au fil de nos progressions, des projets, thèmes, de nos enthousiasmes et détours inattendus, des coups de fatigue aussi.
Chaque année, il s'adapte aux rythmes et compétences des élèves, à la spécificité du groupe classe, à mes envies et dernières obsessions pédagogiques...

Facilité de mise en oeuvre

Pas de livret à construire, imprimer, renseigner en fin de période (et grosse fatigue...), les brevets sont collés par l'Atsem au fil des semaines, dès qu'une activité se termine. Le cahier est transmis aux familles avant chaque vacances.
Le répertoire en ligne permet d'utiliser des brevets tous prêts. Il ouvre aussi de nouvelles pistes, présente du matériel parfois inconnu. De quoi compléter, enrichir nos parcours au fil des mois.

Inconvénients

Euh...
Si on a 30 élèves dans la classe, ça devient lourd-dingue à gérer (mais s'il n'y avait que ça....)
Ce n'est pas très écologique : on colle du papier sur du papier et on use pas mal d'encre. Mais dans ce type de pratique, on utilise tellement peu de fiches que ça doit s'équilibrer...

Merci à Antoine et Alexis, qui ont contribué à leur façon à ce billet ;-)

lundi 15 août 2011

Echanges autour de l'organisation de la classe


Un petit coin du blog pour échanger autour de l'organisation de la classe, de l'emploi du temps...


samedi 4 juin 2011

Montessori : la classe de Carole en photo.

Pour répondre à la demande de Sophie, Carole partage un petit bout de sa classe en images :

Vue_generale_de_ma_classe de PS/MS/GS

Organisation_de_ma_classe_en_photos

Pour mémoire, on peut retrouver les brevets réalisés par Carole à partir du matériel Montessori ici, la description de sa pratique de classe

J'en profite pour publier le commentaire de Anne :
"Juste un petit commentaire en passant pour dire l'importance de la répétition du geste dans la méthode Montessori... Souvent, les enfants peuvent avoir envie de faire et refaire une activité qu'ils maitrisent, dont ils ont déjà réussi le brevet... N'oublions pas de le leur permettre pour les aider à se rassurer sur leurs capacités ou perfectionner la maitrise d'un geste même si dans nos fonctionnements d'adultes qui se veulent efficaces on aurait envie de toujours les pousser vers l'avant, vers du plus difficile, l'étape suivante..."

Pour ma part, les élèves peuvent s'inscrire plusieurs fois à un même atelier. Je trouve cela particulièrement enrichissant quelque soit le domaine de compétences : ils peuvent améliorer leur réalisation après avoir observé les autres ou participé au bilan, ils peuvent essayer un niveau différent dans le cadre des ateliers échelonnés où tout simplement engranger le plaisir de bien faire et une bonne estime de soi en tant qu'élève.

Merci ;-)

mercredi 25 mai 2011

Ateliers autonomes en grande section : Plan de travail

Dans ma classe de PS/GS, les élèves de grande section commencent la matinée autour d'un plan de travail d'ateliers autonomes sur lequel ils s'inscrivent.

Après ce travail, ils peuvent rejoindre les PS sur ateliers échelonnés de la classe.
C'est aussi le genre d'organisation que je mettrai en place en MS/GS.

A cause de problèmes informatiques et des petites flemmes de fin de période, il est possible qu'il manque quelques semaines, mais grosso-modo, voici les plans de travail des ateliers autonomes d'une année scolaire de grande section.

Plan de travail période 1

Plan de travail période 2

Plan de travail période 3

Plan de travail période 4

Plan de travail période 5

Quelques précisions :

L'atelier d'écriture

Les enfants savent utiliser de façon rigoureuse le fichier d'Abécécriture (respect des départs, sens de rotation...), ce qui permet un travail en autonomie sur la lettre de la semaine.
Ils doivent en plus réaliser 2 ou 3 fiches déjà connues, que j'ai sélectionnées pour certains enfants en fonction de leur niveau, des difficultés rencontrées lors des multiples situations de productions d'écrit.
Certains enfants travaillent encore sur les capitales d'imprimerie en début d'année.
A côté des projets d'écriture, cette année là, j'avais décidé de travailler l'apprentissage de l'écriture de façon plus systématique en parallèle avec la découverte des sons des lettres avec les alphas. Ils s'agissait pour moi de mettre en oeuvre les instructions officielles : "Après avoir appris le son qui est transcrit par une lettre, tracer cette lettre en écriture cursive." Même si, à priori, je n'étais pas très convaincue...
J'ai trouvé l'expérience très positive.

Découverte du monde :

Nous avons beaucoup travaillé avec "Vers les math" des Éditions Accès.
Un livre que j'ai bien apprécié ( moins celui concernant la PS...)

Les petits livres

Ils sont à retrouver sur ce répertoire


PS : J'ai réactualisé ce billet qui a connu quelques problèmes. Les liens doivent fonctionner maintenant.

@micalement
Christine

mercredi 20 octobre 2010

Pratiques exotiques et IEN

Sandrine,  :" Selon mon IEN, avec cette pédagogie qu'il qualifie de Freinet, les élèves ne sont pas habitués à fonctionner de façon plus scolaire comme c'est le cas dans les autres classes. Il pense que ce principe d'inscriptions les amènera à s'adapter difficilement aux ateliers fixes imposés par l'enseignant l'année prochaine."

Les enfants adaptent leur comportement, activité, posture au monde social où ils se trouvent : ils sont différents à la maison, à l'école, chez mamie, au cours de danse...
Ils s'adapteront à d'autres modes d'organisation, ils ont bien réussi à passer de la maison à l'école !
Mes GS  (3 ans dans ma classe) sont tout à fait à leur place au CP (et performants.) 

Mais pour préparer au collège, ne devrait-on pas laisser les élèves de CM2 vivre la loi de la jungle ? Visser les futurs CP sur leur chaise en GS ?
Qu'est-ce qui fait qu'une pratique a barre sur l'autre, le fait qu'elle soit à venir ou le fait qu'elle soit, justement, adaptée aux élèves présents ?
Pour moi, les points exotiques de cette organisation, sont adaptés à mon public, ils sont pertinents :

Pourquoi laisser les enfants s'inscrire ?
Cela leur permet de s'engager par eux-même, d'appuyer leur activité sur une motivation intrinsèque, la plus efficace si j'en crois la littérature et mon expérience.

Pourquoi ouvrir un par un les ateliers ?
Pour rendre accessible la consigne scolaire en situation, construire la communication collective d'abord en petit comité, avec des oreilles, langues et cerveaux motivés... (parce que si la motivation intrinsèque est la plus efficace, il faut encore comprendre ce dont il s'agit...)

Pourquoi ne pas donner la consigne en regroupement ?

À ce propos, on peut lire dans les IO 2008, l'enfant doit être capable

  • de comprendre une consigne simple dans une situation non ambiguë, en petite section
  • de comprendre les consignes des activités scolaires, au moins en situation de face à face avec l'adulte, en moyenne section
  • de comprendre des consignes données de manière collective, en grande section

Si je comprends bien la graduation des IO, la maitrise de la consigne collective s'adresse plutôt aux grandes sections.
Ce que je pratique avec mes élèves de GS et MS l'après-midi autour du plan de travail.
Dans nos représentations de l'école, le regroupement collectif autour du maitre qui distribue la consigne,  a la dent dure.
C'est ce qui fait "classe".
Ton IEN y est peut-être attaché, pourtant les IO semblent ouvrir d'autres possibles, tellement en contradiction avec le modèle professionnel classique, qu'on a du mal à les entendre.

Une autre question à laquelle je souhaitais répondre : Est-ce que cette pédagogie permet de mettre en oeuvre les instructions officielles ?
Oui. Voir là par exemple, en langage.

Par ailleurs, il a soulevé cette absence de regroupement préalable pour présenter les ateliers et leurs critères de réussites. Je le fais cependant au groupe concerné assis à cet atelier. Il relève que cela ne se fait pas dans un esprit de groupe-classe mais de manière individuelle. Je me pose donc des questions, ce regroupement me déplaît au plus au point car je ne captais l'attention que des plus assidus, les autres se dispersant.

Mais...
Le jeune enfant est-il capable de se mobiliser sur commande ?
(Ecoute maintenant quand je parle...)

Maitrise-t'il la communication collective ?
(Ecoute la dame au loin qui parle à tous...)

Comprend-il le langage scolaire ?
(On va rouler la pâte à modeler sur le carton ondulé, piquer un triangle pour faire une carotte...)

Est-il capable de concentration ?
(4ème consigne donné pour le groupe des bleus...Les bleus sont toujours là ? Les blancs se souviennent-ils de la consigne donnée il y a 5 mn ?  "Mais Maitresse, j'ai un pull rouge aujourd'hui !  Moi, j'aime pas les carottes râpées.")

;-)

Si "pas vraiment" est la réponse à toutes ces questions, c'est qu'il nous faut trouver autre chose, au risque d'exclure une partie de nos petits élèves où de passer notre temps à répéter la consigne sans jamais pouvoir s'asseoir à une table et enseigner...
Bien sur, certaines cultures familiales sont en phase avec celle de l'école. Elles produisent des enfants qui ont le profil pour passer ce canevas sans heurt, des enfants dont on ne dira pas dès la petite section "Il n'écoute rien" ou "Il ne comprend rien."

Chacun doit trouver sa place d'écolier, d'où qu'il vienne.

J'ai choisis de faire de l'entrée dans l'activité, un temps de langage ou l'on apprend d'abord l'échange collectif dans une petite structure, avec des enfants concernés qui engrangent petit à petit les mots de l'école, ses attentes, les mots des autres que la petitesse de la structure nous permet de faire émerger ou entendre. Certains apprennent à expliciter, quand d'autres s'approprient une posture d'élève. Tout le monde progresse à sa mesure.

Cela ne veut pas dire qu'il n'y ait aucun regroupement : on fait des bilans tous ensemble, des rituels, des chansons, on élabore, organise nos projets, on se raconte, on débat, on joue... Le groupe-classe, sa culture commune se construit ici comme ailleurs.

Cette organisation n'a donc pas l'apparence de l'école, mais s'inscrit complètement dans ses missions : permettre à chacun d'apprendre, de progresser, dans le cadre des instructions officielles.

D'autres pratiques dénotent par rapport à une pratique plus scolaire, elles peuvent gêner un visiteur, les enjeux peuvent passer inaperçus. J'en développe quelques uns ici :

- Les élèves peuvent s'inscrire plusieurs fois à un même atelier. Ils peuvent ainsi améliorer leur compétences après à un bilan, refaire la même activité et engranger une bonne estime de soi en tant qu'élève, explorer un autre niveau de difficulté. On prend le temps de cheminer au sein des apprentissages, il ne s'agit pas d'un parcours d'obstacles où chaque jour on franchit (ou pas) ce qu'a dit la maitresse : Les pratiques traditionnelles en maternelle fixent pour chacun, chaque jour, une nouvelle tâche à accomplir, sans possibilité de réinvestir l’activité.

Dans ces conditions, le bilan fige l’erreur, sans dynamique de progrès. Il dresse simplement un constat alors qu’il pourrait soutenir les dynamiques d’apprentissages.

- Le rapport aux apprentissages n'est pas écorné par un accès limité aux coins jeux :  les enfants peuvent jouer ou travailler d'abord, même les enfants les plus faibles (pas seulement ceux qui ont terminé leur travail, ceux qui en ont le moins besoin...) Les coins jeux sont bien plus qu'une variable d'ajustement : un espace d'apprentissage social, langagier, mathématique, moteur... En les utilisant en même temps que les ateliers, on "optimise" le temps scolaire de l'enfant...et de l'enseignant : Les enfants ne sont pas en atelier tous en même temps, je peux enseigner au plus près des besoins, en les observant, en adaptant le dispositif...

- Les élèves peuvent voir l'activité se dérouler devant eux. A regarder faire, on comprend tout de suite. L'enthousiasme des plus scolaires les interpelle. Ils s'approprient ainsi le sens de l'atelier, parfois la motivation des autres. La compréhension de la consigne, des attentes scolaires s'en trouve facilitée. Le métier d'élève prend forme, même pour ceux que la culture familiale n'a pas préparé.
...
Une page ancienne autour de ces enjeux ici.

Pour modérer tout de même : la façon la plus efficace d'enseigner est d'abord celle que l'on sent.
Il y a des enseignants très scolaires qui font des merveilles, des "pédagogies nouvelles"  qui détruisent l'écolier.
Mais ouvrir nos classes, partager nos cheminements professionnels quels qu'ils soient, sans jugement de valeur, reste la façon la plus efficace de m'améliorer.

Merci donc à Sandrine, de Prépalipopette pour ces questions.
;-)

@micalement

Christine

mercredi 22 septembre 2010

Choisir le niveau de l'atelier

Je trouve enfin un peu de temps pour te répondre Nathalie :
"Lorsque tu ouvres un atelier échelonné à trois niveaux par exemple, comment l'enfant s'y prend pour choisir le niveau qui lui correspond?"

Pour te répondre, je te décris un exemple tout frais, l'atelier échelonné mosaïque, ouvert en septembre avec des PS/MS.

Un élève de petite section a choisi de tenter le poisson après avoir joué librement avec le matériel.
Il remplit la totalité de la grille, sans tenir compte des couleurs, sans tenir compte de la consigne.
Comme de nombreux enfants de petite section.
Pourtant cet enfant avait recouvert la veille sa grille de mosaïques rouges, il me semblait prêt à aller plus loin.
Je l'avais encouragé à prendre ce niveau, mais il parait trop difficile, même avec mon aide.
Je lui signale simplement qu'il ne parvient pas aujourd'hui à faire cette mosaïque.

Un autre élève, cette fois en moyenne section couvre la grille de mosaïques sans se soucier des couleurs qui apparaissent en dessous.
Pourtant, l'année dernière, il a su trier des bouchons jaunes, bleus...
Mais aujourd'hui, il agit comme s'il ne percevait que les picots transparents et leur demande implicite : Mets une mosaïque là !
Je lui donne alors une planche, sans la grille...
Et petit bonheur, sans la grille, il peut se concentrer sur les couleurs et réussir sa mosaïque.
Nous avons pu ensemble valider les premiers niveaux du brevet.



Je trouvais que ces exemples illustraient bien mon sentiment : je n'ai pas trouvé de règle "absolue" quant au choix du niveau de difficulté, il s'agit bien souvent d'un tâtonnement que l'on mène ensemble. Nous nous  trompons parfois, réajustons. Cette exploration menée ensemble me semble souvent enrichissante :

  • Elle me donne l'occasion de les observer, d'adapter -quand c'est possible- mes propositions à leur diversité pour leur permettre de progresser.
  • Elle leur permet de mieux cerner leur propre compétence,  les attentes de l'école et de mettre tout cela en perspective : voilà ce que je sais faire, voilà ce que l'école me demande, vers ou je dois aller.

Mais en situation, auprès des enfants, le choix du niveau de l'atelier se fait presque naturellement.

Pour la collection de carottes, les enfants essaient généralement de réussir tout de suite le niveau 3, mais tous n'y parviennent pas.



Dans cet atelier marque-pages, certains enfants de petite section qui fréquentent déjà la littérature enfantine ont fait le niveau 1 et 2 en même temps : ils ont placés les personnages et les objets clés directement, tandis que d'autres ont eu du mal à reconnaitre les personnages.



Pour l'atelier d'écriture, les enfants commencent souvent par le premier niveau, le tracé dans la farine, même ceux qui n'en n'ont pas besoin, pour le plaisir.

Dans l'atelier "La commande de marrons", certains ont directement commencé par le niveau 2.

On pourrait multiplier les exemples avec les photos d'ateliers publiés dans cet article.

Si l'on garde à l'esprit ...
  • ce que l'on vise (permettre à l'enfant de progresser),
  • ce que cette organisation de classe nous permet (explorer les différents échelons, s'inscrire plusieurs fois à l'atelier pour évoluer)
...on trouve assez sereinement le niveau qui convient à l'élève, parfois au bout de plusieurs essais.


Enfin, parmi les ajustements, j'essaie de tenir compte des spécificités de mes élèves.
L'anxieux : Certains ont besoin d'être rassurés en commençant par des activités faciles pour eux.
Je les laisse prendre confiance, engranger une meilleure estime d'eux-mêmes,  avant de les inviter, au fil des mois à  aller chercher directement leur meilleur niveau.
Le cooooool : Certains ont un palmier qui leur pousse régulièrement dans la main pour certaines activités, je détermine alors le niveau pour eux. Parce que si je reste persuadée que la meilleure dynamique d'apprentissage est celle où l'enfant est poussé par lui-même, quand il n'y en a pas, j'opte pour l'option B : voilà le niveau que tu dois faire !
(...)

@micalement

Christine

mardi 24 août 2010

L'atelier échelonné ?

C'est quoi ?

L’atelier échelonné propose d'emblée plusieurs niveaux de difficultés aux élèves. L'enfant y travaille  non pas en fonction de sa section mais en fonction de ses compétences, les sections sont mélangées. Pour déterminer "son meilleur niveau" , il peut s'inscrire plusieurs fois, spontanément ou à la demande de l'enseignant.



Pourquoi ?

L'atelier échelonné répond à l'extrême diversité des enfants de maternelle, même au sein d'une seule section : l'un raconte ses aventures de la veille, l'autre prononce à peine une phrase ; celui-ci commence à écrire à la moindre occasion, celui là trace laborieusement son initiale, un autre lit les chiffres l'air de rien quand son voisin n'a qu'une vision globale de toutes petites quantités.
Le découpage en section n'a pas beaucoup de sens face à cette hétérogénéité, pas plus que de fixer un niveau moyen de compétences à acquérir identique à toute une section.

Pour illustration, cette vidéo :
Des élèves de petite section travaillent sur le même atelier échelonné. Ils témoignent d'un niveau de compétence très différent.
Ce dispositif tente de mettre chacun en apprentissage.
/// ///

Des exemples :

Autour de la numération

Autour de l'espace ici

En langage

En écriture de ce côté


Le travail de l'enfant ?

Les enfants ne prennent pas le niveau le plus facile pour aller jouer illico-presto : dans notre classe les élèves peuvent soit s'inscrire à un atelier, soit aller jouer sur le créneau horaire.
Seules règles : ils doivent avoir participé au moins à un atelier et ne pas déranger la classe lorsqu'ils sont aux coins jeux.
Lorsqu'ils viennent travailler, c'est soit spontanément (et ils donnent bien souvent le meilleur d'eux-même), soit à la demande de l'enseignant qui les accompagne alors tout particulièrement.

En proposant plusieurs activités au sein de l'atelier et en permettant à l'enfant de l'explorer plusieurs fois, ce dernier peut se tromper, recommencer, tenter un travail voisin, un plus ou moins difficile, ou celui de la copine qu'il a observée... L'atelier échelonné offre à l'enfant les moyens de travailler à son meilleur niveau.
Les enfants "rapides" (voir précoces) ne s'ennuient pas et s'épanouissent, les enfants "plus lents" progressent à leur vitesse, en venant parfois plusieurs fois ou en travaillant d'abord sur un niveau inférieur, les "timides" prennent confiance en eux dans des activités qu'ils maîtrisent déjà avant de tenter leur défi lors d'un second passage, des petits bouts doudouninin s'emparent de la consigne lors du bilan et s'engagent pleinement dans le travail scolaire lors d'un autre passage.
Dans ce dispositif, pour l'enfant, apprendre, c'est chercher à progresser le plus possible, chercher à se surpasser.

Qui a fait quoi ?

La trace de leur parcours est noté sur un brevet à destination de l'enfant et des familles, ou sur d'autres supports .



Nous regroupons ces brevets au fil des semaines sur le cahier d'élève de l'enfant.
En proposant des ateliers échelonnés sur les différents domaines d'activités, chaque enfant suit un parcours individualisé sans que j'aie eu à me cloner en 25.


Pour savoir de mon coté ou en est chaque élève, je note sur les listes d'inscription aux ateliers le niveau de compétence acquis et le nombre de passages.


Ces listes témoignent de ces parcours et sont collées dans mon cahier journal.

Celui de la rentrée scolaire en PS/MS se trouve de ce coté
On y retrouve des ateliers échelonnés et des brevets.

Bonne lecture ;-)
Billet modifié en Août 2O11
Christine

samedi 25 avril 2009

Une classe sereine



Je reprends ici les commentaires de Marinette :

J'avais tenté d'instaurer le système maternailes dans ma classe en début d'année et j'en avais conclu au bout d'une période que ça n'allait pas être jouable cette année.
Là, nous attaquons la dernière période et je suis "usée" par le rythme soutenu de la journée (surtout la matinée... on est chez des PS...). Accueil, aller on range, regroupement, motricité, goûter, ateliers (le moment le plus sportif pour cocher qui fait quoi, je m'installe enfin à mon atelier et c'est déjà l'heure de ranger pour aller en récréation ! Et après ça la matinée n'est pas terminée ! Il reste (selon le jour) musique, ateliers de remédiation, langage...
Alors je me suis laisser tenter la semaine avant les vacances où les enfants étaient particulièrement agités à ne pas aller en motricité et à ouvrir les ateliers un à un directement sans regroupement. Quel bonhneur ! Les enfants sont plus zen et l'ATSEM et moi aussi.



Il m'arrive d'accueillir des collègues dans ma classe.
(C'est toujours enrichissant, cet échange de points de vue, de pratiques, sans dogme ni jugement de valeur. )
Leur première remarque, souvent : "Qu'est-ce que la classe est sereine !" Avec cette organisation, on s'attendait à quelque chose de bruyant, d'agité..."
ça tient à plein de petites choses techniques, la posture des adultes, leur façon de communiquer...
Mais, je te rejoins Marinette ça tient aussi à l'organisation de la classe respectueuse de la petite enfance comme des missions de l'école publique.

Il y a surement d'autres façons d'obtenir un certain bonheur d'apprendre et d'enseigner, celle là marche bien dans ma classe.
J'aime bien ce qu'en dit la collègue aussi ici
Bonne fin de vacances
@micalement
Christine

vendredi 23 mai 2008

L'inscription aux ateliers

L'organisation de la classe coté pratique, c'est

Pour l'enfant, c'est tout simple :
il s'inscrit à un atelier s'il y a de la place.
Il doit avoir fait au moins un atelier sur le créneau horaire.

Pour l'enseignant, c'est un peu plus compliqué...
@+
Christine