écriture apprendre à écrire.
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L'atelier d'écriture se construit autour d'un projet
accessible aux enfants :

écrire les initiales des élèves de la classe, écrire un mot qu'on aime
(le prénom de la marionnette, papa, maman...), une phrase aux correspondants, le titre d'un livre, les prénoms, les jours, les lettres inconnues...


La production d'écrit nous permet de travailler non seulement
l'aspect grapho-moteur de l'écriture ,
mais aussi
l'aspect sémantique
et phonémique :

les lettres sont associées autant que possible
aux sons
qu'elles produisent au sein du mot
durant l'atelier d'écriture.

Les majuscules d'imprimerie
Les lettres en cursive
Parcours d'apprentissage en écriture
Cahier de mots et coin écriture
Tenue de l'outil : Contraintes et tolérance
Les majuscules d'imprimerie

Les enfants se sont approprié les lettres dans différentes activités sensorielles.
Les fiches leur sont alors présentées sous une pochette transparente de bonne qualité pour être utilisée avec un feutre effaçable à sec.
La fiche devient alors un support ou l'erreur, le tâtonnement, l'expérimentation est possible, ce que ne permet pas un simple format papier.

Objectifs des fiches :

Exemple de fiche






À chaque animal un tracé...

Point de départ du tracé :
L'enfant doit poser son feutre sur le plus gros bouton
, puis tracer à partir du plus petit si besoin, comme il l'a déjà fait avec son doigt sur l'abécédaire à toucher.

Sens de l'écriture :
L'orientation de départ est indiquée à la craie orange, et donne de façon intuitive le sens du tracé.
Nous avons choisi délibérément de ne pas mettre de flèches.

Elles
constituent un codage supplémentaire inutile incompréhensible de certains jeunes enfants.

Précision croissante du tracé :
La lettre en haut de la fiche est de grande taille, très épaisse. Elle permet de réaliser en grand les tracés avec une certaine tolérance sur la précision du trait.Les lettres qui suivent sont plus fines et petites. Elles demandent plus d'habilité.
Mémoriser le tracé avec l'aide de dessins d'animaux :
La mémoire iconique du jeune enfant est très puissante. Les animaux utilisés lors des activités sensorielles se retrouvent sur les fiches. Au fur et à mesure de la progression dans la fiche, les animaux disparaissent. Ces dessins constituent un étayage provisoire utile à certains enfants.
Amener progressivement l'enfant à écrire :
- 1) En suivant un grand chemin de lettre, épais, pour s'imprégner d'une graphie, sans contrainte de précision.
- 2) En suivant un plus petit et plus fin chemin de lettre, qui demande plus d'habilité grapho-motrice.
- 3) Sans indications sur le sens du tracé, pour obliger l'enfant à le retrouver, et le mémoriser.
- 4) Sans chemin de lettre, mais avec les dessins
sur lesquels l'enfant peut encore s'appuyer pour se repérer et produire le tracé.

- 5) Sans repère iconique pour un tracé autonome.
NB : Le chemin de lettre autorise l'enfant à une certaine irrégularité dans le tracé, que ne permet pas le pointillé dont on "déborde" facilement.

Tracer de haut en bas ?...

Les enfants sont souvent amenés à tracer les verticales de haut en bas sur le fichier.
Il n'existe pas de norme sur les majuscules d'imprimerie, à ma connaissance, mais en cursive, l'écriture visée à terme, on trace toutes les longues droites de haut en bas, avec souvent une levée du crayon.(le d, le t..) Dans cette optique, il nous a semblé intéressant d'appliquer ce principe dès l'apprentissage de la majuscule.
Toutefois, si je suis exigeante lors de l'apprentissage des graphies des lettres, lorsque l'enfant écrit un mot en majuscule, je tolère d'autres façons de tracer, quand la lettre est lisible, le principal étant que l'enfant s'approprie des mots, un plaisir d'écrire, sans prendre de mauvaises habitudes. La "remontée" des majuscules ne me semble pas être une mauvaise habitude, mais plutôt une variante que parfois les familles enseignent.
Pour la cursive, le sens du tracé conditionne la fluidité de l'écriture et sa rapidité. Il est donc indispensable qu'il soit respecté.

Les lettres en cursives

Objectifs des fiches :

Les activités sensorielles précèdent l'introduction de nouvelles lettres.

Le passage d'un fichier à l'autre se fait facilement : les modes d'utilisation et la progression au sein des fiches sont identiques aux majuscules d'imprimerie, à quelques exceptions près...
Par ailleurs, tout au long du fichier, les différentes écritures d'une lettre sont présentes ce qui facilite la correspondance entre les graphies d'une même lettre.

Apprentissage progressif :
La fiche d'écriture cursive reprend la même progressivité que la fiche d'écriture en majuscule d'imprimerie. De nouvelles particularités apparaissent pour amener l'enfant à une bonne maîtrise de l'écriture des lettres en cursive.

Point de départ du tracé :
Dans les dernières cases, l'enfant doit déterminer par lui-même le départ du tracé.

Formes repères :
Les dessins sont abandonnés au profit de formes plus abstraites : des feuilles.

Quantité de travail :
Le nombre de lettres à écrire a doublé.

Écrire sur une le ligne :
Cette nouvelle contrainte est introduite avec un seul trait noir pour la minuscule cursive et des lignes de type séyès assez larges pour un feutre effaçable, pour la majuscule cursive.

Pas de liaison ou trait d'attaque aux lettres...

À ce niveau de l'apprentissage, nous travaillons l'écriture lettre à lettre , il n'y a pas de raison d'y inclure la liaison, puisque que la lettre n'est liée... à rien du tout !
Cela permet de progresser par pallier dans l'apprentissage : on commence par l'écriture des lettres d'un mot, puis on travaille les liaisons au moment d'écrire le mot.

" L'intérêt de l'apprentissage de l'écriture des lettres isolées pourrait paraître douteux car copier en écriture cursive, compétence exigible en fin d'école maternelle, ce n'est justement pas écrire lettre à lettre. Néanmoins, compte tenu de l'importance de l'unité-lettre, de l'importance de la connaissance de l'alphabet, on postule que l'écriture des lettres est utile à une meilleure discrimination de leurs traits distinctifs" Document d'accompagnement du langage en maternelle - MEN- 2006

...pour
une avancée progressive dans l'écriture : apprendre à écrire les lettres, puis apprendre à les lier.

Prenons l'exemple du d en cursive : Si l'enfant apprend à l'écrire sans la liaison dans un premier temps, il peut se concentrer sur le sens de rotation du rond, son départ et un lever de crayon pour faire "la grande canne".
Puis au moment d'écrire "mardi", les liaisons s'enchaînent presque logiquement (entre le a et le d, la queue du a forme la liaison du d, et l'enfant doit lever le crayon pour tracer la suite s'il a bien intégré le départ du rond travaillé précédemment.)

Si l'on enseigne la graphie des lettres avec leur liaison (le d avec sa petite queue devant) l'enfant doit intégrer une chronologie de gestes plus longue pour ce premier apprentissage, trop longue pour certains qui commettent alors facilement des erreurs : on fait la petite queue du d puis on continue le rond dans la "foulée" dans le mauvais sens.
Parcours d'apprentissage en écriture

Les réussites des enfants sont notées au fur et à mesure des acquisitions, chacun avançant en fonction de ses compétences.
Les parcours individualisés peuvent être notés de différentes façons, au choix de l'enseignant :

) Le brevet : il rend compte des projets du moment, des mots que l'on cherche à écrire.

Il inscrit l'écriture dans ses principales fonctions, la représentation de la parole et de la pensée par des signes graphiques conventionnels. (Larousse 2007). C'est un outil qui s'adresse notamment aux enfants et aux familles.



C'est la trace privilégiée des ateliers échelonnés ou l'on propose plusieurs niveaux de difficulté aux enfants en même temps, en fonction de leurs compétences réelles plutôt que de leur section.
Dans cet exemple, il est proposé 4 niveaux de difficultés aux PS/MS/GS que recouvrent les 2 brevets :
Niveau 1 : Savoir écrire quelques lettres de PAPA, MAMAN
Niveau 2 : Savoir écrire PAPA, MAMAN en respectant l’horizontalité et l’orientation de gauche à droite (IO 2008)
Niveau 3 : Savoir écrire des lettres cursive de papa, maman en contrôlant la tenue de l’instrument et la position de la page (IO2008)
Niveau 4 : Savoir écrire , en respectant la taille et l'enchaînement des lettres (IO2008)



Un enfant peut réaliser plusieurs fois la même fiche pour différentes raisons :
- Parce qu'il souhaite améliorer la qualité de sa production, rendre son écriture plus fluide ou rapide.
- Pour le plaisir de bien faire.
- Parce que l'enseignant n'est pas encore disponible (!) pour lui faire travailler l'écriture du mot et l'enchaînement des lettres.

) Le tableau de bord collectif : il témoigne des lettres apprises par chacun.

Cela facilite l'organisation des activités à venir et la mise en oeuvre de la différenciation.
C'est un outil qui s'adresse aux enseignants
.

L'utilisation de la majuscule d'imprimerie permet avant tout aux élèves de produire des écrits, d'expérimenter le code alphabétique avant de pouvoir utiliser la cursive.
Ce tableau de bord nous permet surtout de connaître le niveau de maîtrise de chaque élève.
Un enfant peut débuter la cursive s'il en est capable, même s'il n'a pas réalisé toutes les fiches majuscules.

) Le tableau de bord individuel : il peut être proposé à chaque enfant.
Ce mode de notation est difficile à gérer en collectivité.

De plus, il ne rend pas compte des mots acquis (et savoir écrire les lettres d'un mot ne signifie pas que l'on sait l'écrire: faut-il encore les ordonner, les aligner, les lier...)
Cahier de mots et coin écriture



Le site Cursivécole, à l'onglet "cahier de vocabulaire" permet de fabriquer rapidement des étiquettes pour le cahier de mots et propose une cursive aux liaisons correctes, ce que ne permet aucune police True Type pour traitement de texte.


Le cahier de mots :

Qu'il s'agisse d'un mot du corpus collectif ou d'un mot que l'enfant a souhaité apprendre, lorsque toutes les lettres du mot sont maîtrisées au travers des fiches correspondantes, l'élève écrit le mot sous la conduite de l'enseignant.
Une étiquette dans les trois graphies est ensuite collée sur la production de l'enfant. Le cahier de mot servant de référant autant en écriture qu' en lecture, il est important qu'il présente un écrit parfait et complet.

L'écriture du mot donne l'occasion de travailler de façon individualisée 
:
-
l’horizontalité et l’orientation de gauche à droite (IO 2008), notamment en majuscule d'imprimerie.
Certains élèves ne respectent pas l'ordre des lettres, d'autres les répartissent sur l'ensemble de la feuille.
- les liaisons en cursive,
en respectant la taille et l'enchaînement des lettres (IO 2008)

Les Instructions officielles en 2008 précisent par ailleurs qu'à la fin de la grande section, l'élève doit savoir "sous la conduite de l’enseignant, copier en écriture cursive de petits mots simples dont les correspondances entre lettres et sons ont été étudiées"

Dans notre classe, si nous abordons en même temps que l'écriture, le bruit des lettres, nous n'attendons pas que l'enfant identifie le son "an" de maman pour apprendre à l'écrire.
Nous lui indiquons simplement que le A, à côté du N fait un autre bruit que le A de PAPA.

Le coin écriture :

Au milieu des coins jeux habituels de la classe, apparaît l'après-midi pour les enfants de moyenne et grande sections, un coin écriture ou sont proposées en libre accès les fiches que nous avons déjà travaillées.
Ce coin est ouvert de façon ponctuelle durant une ou deux semaines, pour ne pas lasser les enfants.
Les réussites sont notées dans un tableau après validation d'un adulte ou d'un enfant.


Attention, certains petits goulus ont tendance à "bâcler" sous prétexte que l'adulte n'est pas là. À chaque ouverture du coin écriture, nous rappelons les règles :
- Écrire n'est pas colorier.
- Il faut respecter le sens des tracés.
(Je le vérifie, notamment les premiers temps.)
Si un enfant est incapable de suivre ces règles, il ne peut pas participer.

Tenue du stylo : Contraintes et tolérance

Une tenue efficace

Les activités sensorielles n'ont amené aucune contrainte de tenue de l'outil, de la position de la page ou de la position du corps.
Les enfants ont pu se centrer sur les tracés.
Il n'en est pas de même lors de l'introduction des fiches et du travail sur table.

" Pour bien écrire, il faut ...prendre ses 2 mains et ses 3 doigts ! "
C'est la formule rituelle que nous mettons en scène de façon exagérée pour que les enfants veillent à une bonne tenue du corps, de la feuille et de l'outil à chaque fois qu'ils écrivent.

...prendre ses 2 mains ?
Lorsqu'on écrit, on s'assoit et on commande ses deux mains : il y en a une qui doit tenir la feuille
et l'autre qui doit tenir le feutre.

...prendre ses 3 doigts ?

> Le majeur porte :
Le feutre repose sur la troisième phalange du majeur replié qui en quelque sorte "porte" l'outil avec le creux du pouce.
> Le pouce pince :
Il maintient le feutre sur le majeur lors des mouvements.
> L'index conduit :
Il guide l'outil dans les différents mouvements, il est responsable du tracé, il doit rester souple, ni trop tendu, ni trop crispé.

Nous jouons parfois à tenir en équilibre l'outil sur le majeur et le creux du pouce.

Des tenues acceptables

Parfois, les doigts des enfants sont encore trop potelés, trop courts, la motricité fine n'est pas encore assez développée pour que l'enfant puisse vraiment "désolidariser" ses doigts et s'approprier la tenue la plus efficace de l'outil.
Il met par exemple ses trois doigts à la même hauteur, leur assignant les mêmes fonctions à tous : tenir l'outil et guider. Avec cette tenue marginale, le tracé est moins précis, mais il reste lisible et fluide.

Différentes réponses peuvent être apportées par les équipes pédagogiques :

- Contraindre en permanente ?
On peut tenter d'obliger l'élève à tenir dans les règles le feutre, ce qui demande une vigilance constante. On prend le risque de le dégoûter de l'écriture.



- Renoncer provisoirement à l'écriture ?

On peut choisir de ne pas faire écrire l'enfant tant qu'il n'est pas à même de tenir correctement l'outil.

On prend le risque d'étouffer la motivation de l'enfant, généralement forte à cet age, mais aussi d'abandonner l'enseignement du graphisme, de l'écriture aux seules familles ou centre de loisirs qui souvent, s'emparent de cet apprentissage dès les premières années. De plus mauvaises habitudes encore, peuvent alors s'installer.

- Tolérer et construire petit à petit ?

On peut choisir de laisser l'enfant tenir le stylo d'une manière un peu marginale, si elle n'est pas nuisible (le tracé reste lisible et fluide). On précise que ce n'est pas la manière la plus efficace, mais qu'on essaiera plus tard d'y arriver, quand l'enfant aura grandi.
On prend le risque que cette tenue moins efficace perdure.

Nous avons choisi cette dernière voix dans notre école.
Les activités traditionnellement pratiquées en maternelle autour des jeux de doigts, de la motricité fine, de l'espace, du corps... ont permis aux enfants d'évoluer au fil du temps.
Aucun élève n'a rencontré de difficulté particulière en écriture par la suite, même si la tenue de l'outil ne s'effectue pas exactement dans les règles de l'art. Mais beaucoup ont acquis dès la maternelle un plaisir d'écrire précieux, une compréhension du principe alphabétique adaptée à leur envie d'apprendre.

Mais c'est à chacun de voir !