émarche
Les polices :
Les instructions officielles de 2002 précisent :
"Si un travail suffisant est effectué sur la capitale d’imprimerie, il ne paraît pas nécessaire d’imposer aux élèves l’apprentissage du tracé des minuscules imprimées (ou de leur substitut manuscrit, l’écriture dite “script”).
Ces caractères ne permettent pas à l’enfant de signaler facilement les frontières de mots. Ils doivent être réservés à la lecture. Il sera par contre nécessaire de faire progressivement découvrir les équivalences entre les différentes polices ou familles de caractères."
La démarche proposée ici s'inscrit dans ces recommandations. Le scripte ne fait pas l'objet d'un travail spécifique d'écriture, mais les différentes graphies d'une même lettre sont présentes sur chaque fiche, comme sur l'abécédaire, pour que l'enfant découvre et appréhende, de manière empirique, la correspondance entre les différentes familles de caractères.

L'atelier échelonné :
Parce qu'au sein d'une même section de maternelle, les niveaux de compétences peuvent être très différents, plusieurs niveaux de difficultés sont proposés en même temps aux enfants.
Ainsi, durant le même atelier, le passionné d'écriture pourra travailler plusieurs fiches cursives de façon autonome tandis qu'un autre, moins à l'aise, s'appropriera un tracé de majuscule d'imprimerie dans des activités plus sensorielles, puis s'appliquera à réussir ( aujourd'hui ou demain...) une seule fiche majuscule (niveau ).
Chaque enfant aura ainsi pu être en apprentissage, ce qu'une activité identique pour tout le monde n'aurait pu réaliser.
De plus, pour qu'un enfant puisse acquérir le bon geste sans avoir peur de se tromper, ou puisse enraciner un tracé en construction, les fiches sont destinées à être placées sous une pochette transparente, pour une utilisation ( et réutilisation) au feutre effaçable à sec.
(
Les pochettes transparentes de bonne qualité sont préférables. Les traces de feutres sont facilement effaçables, alors que des pochettes "premier prix" gardent une trace résiduelle. De plus, une impression sur feuille bristol allonge la durée de vie des fiches.)
Les réussites de chaque enfant sont notées au fur et à mesure sur le tableau de bord de la classe qui constitue la trace des parcours individuels. Le cahier de mot personnel, différent d'un enfant à un autre, "collectionne" les mots appris.

L'abécédaire à toucher vient dans la classe etayer ces parcours, lier l'atelier d'écriture à la vie de la classe. Le tracé d'une lettre s'il n'est pas employé régulièrement, peut s'oublier, et l'enfant peut avoir besoin du référent que constitue cet abécédaire tactile, lors des nombreuses occasions d'écrire que procure la vie de la classe.

Décliné ici autour de l'écriture, l'atelier échelonné, présente certains avantages :
- Il tend à s'adapter à la diversité des enfants en échelonnant les activités et en intégrant plusieurs vitesses de réalisation possible.
- Il permet aux enfants de construire des parcours de réussites, plutot qu'un passage d'obstacle normatif .
- En différenciant "en amont" de l'enfant l'activité, il met en perspective l'ensemble des apprentissages du domaine et fait progresser l'enfant dans sa perception du métier d'élève : Qu'est-ce que je sais déjà faire ? Qu'est ce qu'il me reste à apprendre ?
- Il developpe un rapport au savoir positif : aucun enfant n'est ici mis en échec par un dispositif scolaire imposé mais acteur de l'apprentissage, d'acquisition en acquisition. Il peut réaliser plusieurs fois la même fiche grace aux feutres effaçables et acquérir la satisfaction de bien faire, et à l'age de la construction de la personne, développe une bonne estime de soi.

Contruire une progression autour de l'écriture de mots :
Qu'il s'agisse d'un mot du corpus collectif, ou d'un mot que l'enfant a souhaité apprendre, lorsque toutes les lettres du mot sont maîtrisées au travers des fiches correspondantes, l'élève l'écrit sur un cahier.
C'est l'occasion de travailler de façon individualisée :
- l'écriture d'un mot en capitale d'imprimerie, certains élèves ne respectant pas l'ordre des lettres, d'autres les répartissant sur l'ensemble de la feuille.
- la liaison entre les lettres en cursive.
(Dans notre école, le cahier de mot suit l'enfant tout au long du Cycle I.)

La progression en écriture est alors propre à chacun, elle se construit en fonction des mots choisis par l'enfant et du corpus collectif travaillé en classe.

Cette façon d'entrer dans l'écriture présente de nombreux avantages :
- Elle peut s'appuyer sur une forte motivation de l'enfant, qui va généralement se mobiliser par lui-même de façon importante pour parvenir à écrire "son mot", à l'attrapper du bout du crayon.
- On aborde l'écriture en tant que représentation de mots, du langage, des idées, plutot que comme un simple tracé.
- Chacun va pouvoir suivre son propre parcours, progresser à sa mesure, à sa vitesse, en capitale ou en cursive, et développer en même temps une relation positive à l'écrit.

Au cours de la grande section, grace au tableau de bord des lettres travaillées, nous repérons les lettres plus rares et apprenons à les écrire au travers de mots choisis dans des abécédaires.
Petit à petit, ces apprentissages sont réinvestis dans l'écriture de phrases appartenant à le vie de la classe.
La plupart des enfants doivent ainsi savoir "en fin d'école maternelle, copier une ligne de texte en écriture cursive en ayant une tenue correcte de l'instrument, en plaçant sa feuille dans l'axe du bras et en respectant le sens des tracés."Instruction Officielles 2002.

Apprendre à écrire des majuscules d'imprimerie :
Des activités plus sensorielles peuvent être engagées en parallèle. ( Voir : Ateliers échelonnés ).


L'enfant doit suivre " le chemin de la lettre " lorsqu'il trace, il ne s'agit pas d'un coloriage.

 

Point de départ du tracé :
L'enfant doit poser son feutre sur le plus gros bouton
, puis à chaque levée du feutre, revenir sur les autres boutons s'il y en a, du plus gros au plus petit.

Sens de l'écriture :
L'orientation de départ est tracée à la craie orange.

Précision du tracé :
La lettre en haut de la fiche est de grande taille, de "caractère gras". Elle permet d'acquérir le tracé sans trop se soucier de la régularité. Les lettres qui suivent sont plus minces et petites. Elles demandent plus d'habilité pour suivre "le chemin de la lettre".
Mémoriser le tracé avec l'aide de dessins d'animaux :
La mémoire iconique de l'enfant est très puissante. En associant chaque animal à un tracé, l'enfant se sert, par la suite, de l'image mentale de l'animal pour écrire une lettre : " Regarde, j'arrive à faire le E sans les tortues !".
Pas à pas, au fur et à mesure qu'il écrit, l'empreinte des animaux s'estompe pour ne laisser place qu'à la lettre.
Ce passage par des images -qui n'ont rien à voir avec la lettre, si ce n'est leur forme et le tracé qu'elles induisent- facilite l'apprentissage de l'écriture, et de la chronologie des gestes ("Je trace un trait au dessus des tortues, puis entre les deux..."). C'est un outil précieux, notamment pour des enfants qui ont du mal à entrer dans l'abstraction.
Remarque : Les animaux ici ont été choisis pour leur forme, adaptée au tracé que l'on souhaite induire, et non pour représenter la lettre comme dans un abécédaire classique ( La tortue avec le "T"...)

Pourquoi écrire les lettres capitales de haut en bas ?
Il n'existe pas de norme sur les majuscules d'imprimerie,
à ma connaissance.
La démarche proposée ici amène systématiquement les enfants à tracer toutes les longues droites des capitales d'imprimerie de haut en bas pour plusieurs raisons :

Commencer une lettre par le bas, amène l'enfant à "remonter" sur son tracé, en le cachant, en l'effaçant plus ou moins.
Il me semble utile qu'il ait une vision totale du tracé qu'il est en train de produire.
En écrivant de haut en bas, l'enfant visualise où il démarre et où il doit arriver.
Cela évite que la lettre ne finisse parfois sous la main.

L'écriture cursive, qui sera celle employée plus tard par l'enfant, trace toutes les longues droites ( en dehors des boucles) de haut en bas, avec souvent une levée du crayon.( le d, le t..) Dans cette optique, il me semble intéressant d'appliquer ce principe dès l'apprentissage de la majuscule.

Toutefois, si je suis exigente lors de l'apprentissage des graphies des lettres sur le fichier, lorsque l'enfant écrit un mot en capitale d'imprimerie, c'est alors la graphie correcte des lettres qui importe, quelqu'en soit le tracé, le principal étant à mes yeux, pour cette phase, que l'enfant s'approprie des mots, un plaisir d'écrire, sans prendre de mauvaises habitudes. Je ne classe pas la "remontée" des majusculese dans une mauvaise "habitude", mais plutôt une variante que parfois les parents "enseignent". Je suis donc plus tolérente lors du passage à l'écriture des mots.
Pour la cursive, il me semble incontournable que le sens du tracé soit respecté et je suis beaucoup plus exigeante, de mauvais gestes pouvant nuire pour longtemps à la fluidité de l'écriture.

Apprendre à écrire des lettres cursives :

 

Les modes d'utilisation sont identiques aux fiches précédentes, ce qui facilite le passage d'un niveau à un autre.
Toutefois, le "chemin des lettres" exige plus de précision, de part sa définition plus fine et complexe, par la taille des lettres, de plus en plus petites.

Repérer le point de départ de la lettre :
L'enfant doit tracer dans les dernières cases, sans que le point de départ de la lettre lui soit indiqué.

Prendre en compte les lignes :
Cette nouvelle contrainte est introduite avec au niveau trois, des lignes de type cahier assez larges pour pouvoir utiliser un feutre effaçable.

Mémoriser un tracé :
Dès le deuxième niveau, l'enfant doit moins faire référence aux dessins ( qui deviennent plus abstraits) pour mémoriser un tracé. L'activité de l'enfant, plus mur, doit se centrer sur l'acte grapho-moteur.

Pourquoi apprendre à écrire les lettres cursive sans les liaisons ( sans les "petites queues" devant ) ?
Lorsqu'on travaille la graphie d'une lettre, il n'y a pas de raison à mes yeux d'y inclure la liaison, puisque que la lettre n'est liée... à rien du tout. De plus, cela permet de progresser par pallier dans l'apprentissage de l'écriture : on commence par la graphie des lettres d'un mot, puis on travaille les liaisons au moment d'écrire le mot.
Suivons l'exemple du d en cursive :
Si l'enfant apprend à l'écrire sans la liaison dans un premier temps, il peut se concentrer sur le sens de rotation du rond, son départ et un lever de crayon pour faire "la grande canne". Puis au moment d'écrire "mardi", les liaisons s'enchainent presque logiquement ( entre le a et le d, la queue du a forme la liaison du d, et l'enfant doit lever le crayon pour tracer la suite s'il a bien intégré le départ du rond travaillé précédemment.)
Si l'on enseigne la graphie des lettres avec leur liaison (le d avec sa petite queue devant) l'enfant doit intégrer une chronologie de 3 gestes longue pour ce premier apprentissage, trop longue pour certains qui commettent alors facilement des erreurs : on fait la petite queue du d puis on continue le rond dans la "foulée" dans le mauvais sens.